« Il n’y a aucune photo qui se répète… » - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 22 Juin 2018

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Jun.
25
2018

Amine Taieb Landoulsi, photographe, au «Temps»

« Il n’y a aucune photo qui se répète… »

Vendredi 2 Mars 2018
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Co-fondateur et coordinateur général du Club Photo de Tunis pour l’année 2010/2011, Amine Taieb Landolsi a commencé son expérience professionnelle avec l’Associated Press en 2011 qu’il a poursuivie en tant que photographe-reporter pour le compte de l’agence de presse Turque depuis juin 2012.

 IL a été sélectionné pour la biennale des photographes du monde arabe contemporain en Novembre 2015 qui s’est tenue à l’Institut du monde arabe (IMMA) à Paris. Amine a enfin décidé d’organiser sa première exposition personnelle  intitulée “Amen’’ à la Maison de l’Image.Se poursuivant jusqu’au 22 mars 2018, l’exposition “Amen” comporte plus de 80 photos en noir et blanc ou en couleurs, fruit d’un travail de 7 ans sur le terrain. Ce sont des photos captés par l’œil de l’artiste dans des moments cruciaux, témoins des tensions et des revirements qui ont rythmé la transition politique tunisienne pendant la période (2011-2018). Témoin de son temps, Taieb, ce  reporter-photographe parcourt son pays, appareil photo en bandoulière. Son but ? Réussir de bonnes images  

 Qu’est-ce qui vous a amené vers la photographie ?

Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours aimé prendre les gens qui m’entourent en photo. Plusieurs  facteurs m’ont amené vers la photographie. Tout d’abord, le  destin qui se résume par des rencontres avec des personnes qui croient dans le partage du savoir-faire. J’ai été impressionné par plusieurs photographes. J’ai beaucoup admiré le travail du  photographe français Jean Claude Coutasse auteur du  livre photo  « La danse des pierres », le tunisien Hamideddine bouali, mon montor,  Laurent Rebours de l’agence de presse Associted Press, qui  a non seulement cru en moi, mais m’a offert une chance de voir mes photos publiées  aux « une » des journaux et magazines du monde mais aussi a sculpté en moi,le photographe reporter que je suis. Mes parents  m'ont transmis cette passion, il y avait toujours des appareils photo autour de nous, sans cesse des images.... C'est grâce à eux que cette passion a très vite grandit. Mon père Taieb Landoulsi, qui sans le savoir et peut être aussi sans le vouloir, il a tiré, encadré et accroché une de mes photos anodines, dans le salon de notre maison,il fut mon premier galeriste.Toute cette période a affiné mon regard et m’a permis de savoir vers quoi je voulais aller dans la photographie. Et très rapidement, j’ai su que je voulais être un reporter  photographe.

Quelles qualités faut-il avoir pour être photographe ?

Le respect envers son sujet photographique, qui au long d’une carrière prend des formes indéfinies. Je crois que les primates de cette terre ont  été aussi photographes, à travers leurs dessins sur des murs de cavernes ancestrales. Ils  nous ont transmis  une mémoire humaine authentique. Après des millénaires d’évolution de l’humanité aujourd’hui, les dessins sont devenus des photographies et les murs sont devenus du papier sensible photo. Le support a bel et bien changé mais la mémoire humaine restera la même indéfiniment. 

Que cherchez-vous à transcrire lorsque vous appuyez sur le déclencheur de votre appareil ?

Sortir du lot, comme si je m’apparente à un amphibien qui cherche toujours à changer de milieu. Cette  motivation personnelle est traduite dans ma pratique photographique. Certes transcrire ce que m’offre mon sujet mais par cette quête de changement, je me trouve à scruter le champ et le contre champ en épuisant tous les angles de vues.

De l'idée initiale au résultat final, comment travaillez-vous 

L’épisode légendaire de la pomme de Newton, me fait penser à la pertinence du « hasard » dans notre vie. Ce dernier se voit confronter à l’observation de l’homme, d’où le déclenchement du questionnement qui enchaîne par une recherche, un repérage pour nous conduire à statuer sur une problématique et enfin d’essayer d’y répondre sous plusieurs formes,j’en ai choisi une, c’est la photographie .

Qu'est-ce qui vous touche le plus dans une image ?

L’unicité de nos empreintes personnelles, qui sont à la base des figures dessinées sur les doigts, fait tout le charme de l’humanité, on surenchérie encore et encore sur l’existence de Dieu unique, alors qu’ il nous donne la preuve au bout de notre doigt. Il n’y a aucune photo qui se répète, un millième de seconde de déclenchement enterre déjà son suivant. Car notre matière première pour faire une image c’est le temps et la lumière, un équilibre divin.

Qu’est-ce qui vous vous inspire ?

Chaque coin, chaque endroit  avec toute sa lumière, sa couleur, ses contrastes, sa beauté naturelle. L’inspiration vient de partout et de n’importe où. En particulier des sujets eux-mêmes, des souvenirs…Voyage, art, cinéma…la vie.

Avez-vous des conseils à donner à ceux qui aimeraient se lancer dans la photo ?

Je crois que le respect envers les sujets qu’on traite peut être un pivot dans toute notre démarche. L’acharnement dans l’exercice pourra nous acquérir des réflexes intéressants et enfin  l’écoute de son environnement  demeure une matière première variée et indispensable.

Kamel Bouaouina