« Lamma Tounsia » de Zine Haddad - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 22 Juin 2018

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Jun.
25
2018

A la Rachidia

« Lamma Tounsia » de Zine Haddad

Mercredi 28 Février 2018
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Vendredi dernier, au Siège de la Rachidia, nous avons encore une fois rencontré notre chanteur authentique, Zine Haddad, cet artiste passionné et toujours soucieux d’être à la fois conservateur et créatif dans la musique tunisienne et surtout dans son rapport avec le public, qu’il soit jeune ou adulte. C’est que Zine Haddad s’est toujours illustré dans chaque concert qu’il a donné, à l’intérieur comme à l’extérieur de nos contrées : fidélité au timbre tunisien et à la chanson tunisienne, au folklore musical national, créativité, sensibilité, présence sur scène et maitrise de son art. Telles sont les particularités de Zine Haddad.

Ce soir-là, tout cela était présent. A l’heure où la chanson tunisienne authentique semble partir à la dérive, à cause des nouvelles vagues des chansons débitées à longueur de journée, dans certaines stations de radio, sur face book ou sur  You tube, sous prétexte de la modernité et de la nouvelle technologie et dont la plupart sont éphémères, sinon mort-nées. Or, il reste encore chez les mélomanes tunisiens  une oreille fine, sensible, musicale, toujours avide de musique typiquement tunisienne, des chansons de terroir, des tubes du siècle dernier réalisés par nos anciens chanteurs, ceux qui ont établi les fondements de la chanson en Tunisie, dont le Malouf, ce genre musical qui ne disparaitra jamais, tant qu’il se trouve quelques-uns qui l’exécutent et d’autres qui l’écoutent.

C’est dans une atmosphère de grande gaité que Zine s’est présenté à son public, vêtu de son inséparable costume traditionnel, ce qui allait merveilleusement avec le lieu du spectacle. Chaleureusement accueilli, il prononça quelques paroles d’accueil et d’éloges au public et à la chanson authentique tunisienne dont il se présentait comme étant parmi les rares protecteurs, vu la médiocrité de la musique actuelle. En effet, pour lui, il faut que notre musique traditionnelle perdure en résistant à toute intrusion musicale étrangère. Même en présence d’autres musiques, notre patrimoine musical doit passer en premier lieu et il est encore temps de le prouver aux nouvelles générations, a déclaré l’artiste.  

Au programme, des chansons anciennes et nouvelles de notre artiste, mais aussi, comme à chaque concert, Zine nous surprend par un nouveau single, puisée dans le terroir et qui dénote le grand attachement du chanteur au folklore musical. Ce spectacle est le premier d’une suite de rencontres musicales, baptisé « Lamma Tounsia », après avoir réalisé plusieurs concerts intitulés « Likaâ » durant ces dernières années qui ont été consacrés au bénéfice d’œuvres caritatives.  Ce soir, Z. Haddad chanta à la Rachidia et il fut comme un poisson dans l’eau, se sentant chez lui, dans ce monument artisanal, puisqu’il était élève de cette ancienne institution où il a passé plus de 15 ans dans son parcours musical. D’ailleurs, il fut présenté au public, ce soir-là, par Pr. Hédi Mouhli, en tant que « Cheikh » parmi les « Cheikhs » de la Rachidia.

Zine Haddad était accompagné ce soir-là d’une troupe musicale essentiellement orientale, sous la houlette du maestro Abdelbasset Metsahel. La soirée s’est ouverte sur des « Waslat » du Malouf tunisien qui furent bien appréciés du public, jeune et adulte. On s’est régalé par les fameux morceaux « Laïba Dhabyou bi akli », « Raeytou el hilal », « Atalta el hejr »,… Ensuite, le chanteur a débité des chansons des grands maitres Ali Riahi et Sadok Thraya dont les refrains ont été repris par les assistants, très enthousiasmés ! L’artiste enchaina avec sa propre chanson intitulé : « Kif Rabbi Bleni bik », paroles et musique de Abdelkader Bouassida, pour revenir à Ali Riahi avec la fameuse « Al Alem Yidhhak ».

La deuxième partie de la soirée, a été marquée par l’interprétation des chansons personnelles de Zine Haddad dont « Nê wilfi chared », « Zid dallel », deux chansons agrémentées par celle du chantre de la République Ali Riahi, « Ena Nghir ». Entre-temps, des solos musicaux ont été exécutés par le joueur du qanoun Adel Barkous et le violoniste Chokri Bahloul.

Le clou du spectacle fut la présentation de la nouvelle chanson  intitulée « Ya Nakira », composée par Abdelbasset Metsahel qui fut bien apprécié du public. Enfin, l’artiste a voulu rendre un hommage à feue Saliha en interprétant l’une de ses immortelles chansons.

Hechmi KHALLADI

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