Campagne électorale avant l’heure - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 23 Septembre 2018

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Sep.
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2018

Elections municipales

Campagne électorale avant l’heure

Mercredi 28 Février 2018
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Deux mois et quelques poussières nous séparent de l’ultime date du 6 mai 2018 ; reportées à plusieurs reprises, les élections municipales seront finalement organisées avant les législatives et la Présidentielle de 2019. Une occasion en or pour les partis politiques tunisiens pour se tester et pour mieux comprendre leur représentativité et sa dispersion sur le territoire tunisien.

Un test qui a commencé bien avant le 6 mai puisque le nombre des listes municipales déposées par chaque parti a d’ores et déjà dévoilé l’importance de certains et la faiblesse des autres ; comme attendu, les mouvements d’Ennahdha et de Nidaa Tounes ont été les seuls à avoir pu dépasser le nombre de 300 listes. Pour les autres entités politiques, les surprises étaient nombreuses et elles n’étaient pas toute bonnes…

Abdelaziz Kotti, dirigeant fraîchement revenu au sein de Nidaa Tounes, n’a pas manqué de sauter sur les chiffres pour affirmer, lors d’une déclaration médiatique, que le nombre des listes déposées a révélé le vrai poids des partis politiques ‘nains’ qui finiront par disparaître le 7 mai 2018, date de l’annonce des résultats des élections municipales. Croyant être dans la subtilité, le collègue de Kotti au mouvement, Borhen Bssaies, a déclaré que Nidaa Tounes entamera sa campagne électorale loin de tout discours identitaire visant à diviser la société entre musulman et autre. Pour Bssaies, le fait que son mouvement et celui d’Ennahdha aient été les seuls à avoir réussi à se présenter au niveau de toutes les circonscriptions veut dire que les municipales seront condamnées entre ce duo qui, rappelons-le pour l’occasion, est allié depuis presque trois années.

Etant meilleurs communicateurs, les dirigeants du mouvement islamiste ont évité, du moins jusqu’à présent, ce discours arrogant préférant, comme à leur habitude, focaliser sur des questions plus sérieuses. Après avoir choisi de nommer un tunisien de confession juive sur l’une de leurs listes, ces mêmes dirigeants, et plus précisément le président du bloc parlementaire d’Ennahdha Noureddine Bhiri, de se concentrer sur les vrais maux du pays ; inflation, évasion fiscale et difficulté de l’économie nationale, Bhiri a été ferme lors d’une récente apparition médiatique en assurant que l’Etat doit récupérer ce qui lui appartient sans aucune condition au préalable. Affirmant être du côté du président du gouvernement, Youssef Chahed, Bhiri s’est dit aussi du côté des institutions de l’Etat. 

Pour la majorité des autres partis qui n’ont pas réussi à égaliser ‘l’exploit’ de Nidaa Tounes et d’Ennahdha, adopte un profil bas ; le Front populaire, par son député Ammar Ammroussia, a juste expliqué que les chiffres ne sont pas importants et que le Front a préféré se limiter aux circonscriptions où il croit avoir ses chances tandis que les autres entités ayant toujours défendu le septième chapitre de la Constitution relatif à la gouvernance locale, Al Irada ou encore le Courant démocratique, cèdent au silence face aux moqueries des ‘grands’.

Nidaa Tounes dans l’arrogance incontrôlable de ses dirigeants a semble-t-il oublié la plus grande menace qui guette ces élections ; l’abstention.

Salma BOURAOUI