Mémoire du temps présent: Le miracle tunisien…Comment gérer et survivre à toutes ces pagailles ! - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 16 Décembre 2018

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Mémoire du temps présent: Le miracle tunisien…Comment gérer et survivre à toutes ces pagailles !

Dimanche 25 Février 2018
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Finalement, la Tunisie ne va pas plus mal qu’on le sent ou le pense, car nous vivons un vrai «miracle» depuis sept ans et demi, celui de pouvoir survivre à toutes ces pagailles vécues au quotidien par un peuple courageux, ayant de très grandes facultés d’adaptation !

Chaque fois que je reviens de pays dits «civilisés» avancés parce que disciplinés, où les lois font la liberté mais aussi le respect des normes qui font que la vie commune et collective soit non seulement possible, mais fonctionnelle presque naturellement pour assurer le « bon vivre ensemble, je me demande pourquoi les Tunisiennes et les Tunisiens n’arrivent pas à quitter la sphère de l’anarchie, du laisser aller et du système «D», où le pays s’est installé confortablement depuis 2010 !

Est-ce le climat, comme le suggérait le bon vieux Montaigne et qui fait, qu’avec -5% en Europe, en Amérique et même en Asie, les gens acceptent plus la discipline imposée par les lois, ou est-ce le problème des lois dysfonctionnelles et non applicables parce que trop compliquées dans les pays du «soleil» dont la Tunisie.

Mieux encore, nous avons vécu depuis 2011 (et ça continue) une overdose législative, où notre majestueux Parlement au Bardo, s’est évertué à en produire à la chaîne, sans se demander un seul instant si elles sont applicables et donc, si elles sont nécessaires. Faire des lois nouvelles, en apparence pour déclasser l’ancien régime et mettre sur les rails le processus « révolutionnaire », a donné sur le plan pratique, des mécanismes de blocage où nos vénérés magistrats n’arrivent plus à trancher sur des conflits « noyés » par ces nouvelles lois.

C’est le cas de la loi anti-terroriste, alors qu’on aurait pu garder la précédente ou tout simplement appliquer  le code pénal dépolitisé et neutre… Et ça va être le cas de la loi sur les communes, la décentralisation et le pouvoir régional. Là, j’ai bien peur que nous allons plutôt aggraver la gestion de l’espace local et régional, en donnant plus de pouvoirs aux maires et aux gouverneurs, sans leur accorder les moyens de leur politique.

De fait, les régions ont besoin d’un «plus d’Etat» et non d’un moins d’Etat, quand il s’agit de problèmes plus que fondamentaux et urgents comme l’infrastructure, les routes, l’aménagement urbain, les zones industrielles, touristiques et des périmètres irrigués dans l’agriculture.

C’est là, à notre humble avis,  où l’ARP doit jouer son rôle pour créer des lois fonctionnelles et applicables et non de belles normes et règles fondamentales, dont personne n’en veut. Je reviens toujours à ce bon vieux tailleur qui en multipliant les retouches des costumes de ses clients finit par à en faire «de beaux costumes sur des hommes  très mal foutus» !

La campagne des municipales est bien engagée… et c’est tant mieux, car  d’ici le mois de mai, nous allons respirer sur le plan national et central, et le pays va s’occuper de ses oignons, là où les gens vivent.

Beaucoup  de suspens, d’appréhension et de craintes de part et d’autre, mais tous les chemins mènent à Rome, à savoir résister et survivre à cette pagaille des «sur-pouvoirs» politique, syndicale,  religieuse et autres idéologies narcissiques et délirantes et quitter les marécages de cette misère économique qui étouffe le pays et ses classes moyennes.

Pour la fin, je serais tenté de paraphraser ce bon philosophe allemand Frederich Rauh : « La démocratie, quelle belle chose, dommage qu’elle soit gaspillée par les politiques, les nouveaux clergés et les patrons du social » !

 

K.G