Les bonnes intentions… - Le Temps Tunisie
Tunis Mercredi 19 Septembre 2018

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2018

Chronique

Les bonnes intentions…

Samedi 24 Février 2018
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Il se trouve que cet aveu s’avère un peu tardif. Un tantinet discutable en ce cas de figure, sachant qu’Ali Larayedh a tergiversé pendant longtemps, avant de se décider enfin à reconnaître qu’il avait effectivement accepté de rencontrer un terroriste, alors qu’il était ministre de l’Intérieur à l’époque de la « Troika », qui avait refusé de parler si ce n’était en sa présence. Ledit terroriste étant impliqué bien évidemment, dans l’assassinat du martyr Chokri Belaid. Pourquoi avoir attendu tout ce temps, et pourquoi la preuve de cette rencontre a été escamotée ? Voilà la question que tout le monde a le droit de se poser, et qui ne trouve toujours pas, jusqu’au jour d’aujourd’hui, de réponse, véritablement convaincante puisque ce silence, autrement lourd plus qu’à son compte, n’a strictement rien à voir avec un quelconque « devoir de réserve ». Loin s’en faut… Qui plus est, dans une affaire, qui n’a eu de cesse de connaître des reports successifs, à chaque fois que le dossier promettait de révéler enfin au grand jour ces vérités qui ne sont, visiblement, pas bonnes à dire, puisqu’elles n’ont de cesse d’être tues, en attendant que la poussière du temps qui passe et la mémoire qui flanche ne viennent les enterrer. Définitivement. Il ne faut pas trop y compter. Et pour ce qui est de la preuve du contraire, elle tarde à venir aussi. Mais il faudrait qu’elle soit tranchante comme un saphir pur et dur. Et non pas « vaseuse » comme l’eau glauque où surnagent certains dirigeants d’Ennahdha, passés maîtres dans l’art du double discours et de la manipulation tous azimuts, mais qui ne convainquent personne. Ah si quand même : leurs affidés qui prônent la même idéologie que la leur, et qui ne concèdent de changement,  que celui factice et pernicieux, qui leur permet de gagner des voix, là où en réalité ils n’auraient eu aucune chance. Le projet sociétal qu’ils promettent à la Tunisie de Bourguiba, sera toujours en porte-à-faux, justement, et, irrémédiablement, avec la Tunisie de Bourguiba. Qui respecte la diversité et non pas les extrémismes. Ce qui fait toute la différence…

Samia HARRAR