Les émissions télévisées pointées du doigt - Le Temps Tunisie
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25
2018

Règlements de comptes, coups bas, crise de confiance…

Les émissions télévisées pointées du doigt

Vendredi 23 Février 2018
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Ambiance délétère sur fond d’une hystérie totale, c’est l’impression dégagée, depuis ce « fameux » clasico  « EST-ESS ».

Les intervenants dans les émissions sportives télévisées, ou même sur les colonnes de la presse écrite, n’ont fait et ne font encore que jeter de l’huile sur le feu, par des déclarations dénuées de la moindre sagesse,  de la moindre retenue.

En bref, il faut avouer  que notre football connaît actuellement une terrible crise de confiance. D’ailleurs,  à l’image de ce qui se passe dans les autres domaines. C’est le reflet de nos  sentiments de haine, de mépris, de jalousie et de rancœur, que nous éprouvons entre nous autres citoyens.

Admettons qu’un arbitre a commis une erreur,  fatale, soit-elle,  est-ce une raison pour qu’on se transforme en « belligérants », en faisant le show avec des propos qui font honte. Bien sûr, les émissions télévisées cherchent le « buzz ». Mais, à quel prix ? Au détriment des valeurs, évidemment. Au lieu de calmer les esprits et d’inviter des personnalités sportives connues pour leur sagesse , leur calme et l’étendue de leur vision, par des analyses objectives et rationnelles, on a l’impression que les invités sont sciemment ciblés, pour envenimer  davantage l’atmosphère.

Par myopie,  sans nul doute,  ces pêcheurs en eau trouble, sont en train de porter un sacré coup à l’image de notre football dans le monde.

Ces tribunes sont devenues, malheureusement, un endroit propice aux coups bas et aux règlements de compte, entre X et Y.

On est allé même jusqu’à accuser  des clubs et des personnalités, de corruption, au vu et au su des millions de téléspectateurs, sans que l’animateur n’intervienne pour dominer le débat. Un silence  qui ne diffère guère d’une complicité.

Normalement, celui qui détient des preuves de corruption n’a qu’à les présenter à la justice. Sinon, il doit être  obligatoirement jugé pour diffamation et atteinte à l’ordre public. Car, ce qui se propage à travers  ces émissions se répercute directement  sur le comportement  des individus, dans  la vie quotidienne et plus particulièrement tous les dimanches dans les stades.

Il est  temps de mettre de l’ordre,  dans le secteur médiatique,  et plus précisément dans les tribunes T.V.  Un animateur  doit être conscient des sujets  à présenter et  bien informés sur le  profil de ses invités. Or, s’il  met la sensation comme priorité absolue,  sans se soucier de l’objectivité  ni de l’appel de la raison, eh ben, sa place est loin d’être devant une caméra. Souvent, les diplômes ne valent rien devant la culture ! 

Au lieu de chercher d’autres sujets beaucoup plus importants à débattre, pour sortir notre football de l’ornière (manque d’infrastructure, formation des jeunes négligée, diplômés en football, en chômage, absence chronique des sélections des jeunes de la CAN et du Mondial, l’apport approximatif des joueurs  étrangers, bilan de professionnalisme depuis son instauration, etc…), donc, au lieu  de prêter de l’attention à ces sujets, on trouve le moyen d’envenimer nos soirées par des débats stériles et d’une nullité absolue. 

C’est le règne de la médiocrité, ni plus ni moins. Quand on manque de matière pour manque d’idées et de réflexion, on se limite à gérer la médiocrité du quotidien pour l’imposer au pauvre téléspectateur.

 Heureusement, les chaînes étrangères ne manquent pas sur le petit écran !!!

Raouf CHAOUACHI

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