Transparency International épingle la loi sur la réconciliation administrative - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 22 Juin 2018

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2018

• Avec un score de 42/100, la Tunisie se classe 74ème sur 180 pays

Transparency International épingle la loi sur la réconciliation administrative

Vendredi 23 Février 2018
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• « La Tunisie serait parmi les rares pays arabes à prendre des mesures modestes mais positives pour accroître la transparence et l'intégrité»

L’organisation internationale non gouvernementale d'origine allemande « Transparency International », ayant pour principale vocation la lutte contre la corruption des gouvernements et institutions gouvernementales mondiaux. Avec un score de 42/100, la Tunisie a été classée 74ème sur 180 pays.  La Tunisie qui vient d’être mise à l’index par le Parlement Européen comme l’un des pays les plus exposés aux risques de blanchiment d’argent, de corruption et de financement du terrorisme, maintient selon le classement de Transparcney International son  leasdership au niveau Maghrébin. 

Le rapport classe d’ailleurs la Tunisie parmi les rares pays arabes qui ont réalisé des avancées en matière de lutte anti-corruption, même si les auteurs n’ont pas manqué à épingler l’adoption de la loi sur la réconciliation administrative. En effet, La Tunisie arrive en tête du peloton des pays du Maghreb, suivi par le  Maroc (81ème place), l’Algérie à la 112ème, la Mauritanie à la 143e et la Libye au  171ème rang.

La corruption reste « endémique » dans les pays arabes, souligne le rapport. D’ailleurs, 19 sur 21 arabes ont un score inférieur à la médiane, soit 50/100. Les Emirats Arabes et le Qatar seraient les pays arabes les moins corrompus de la région MENA.  

 « Alors que la majorité des pays arabes ne montrent aucun changement significatif dans l'indice de cette année, un certain nombre de pays comme la Jordanie, le Liban et la Tunisie prennent des mesures modestes mais positives pour lutter contre la corruption et accroître la transparence et l'intégrité». Et d’ajouter : « La Tunisie, en revanche, tout en progressant sur certains fronts de la lutte contre la corruption, a connu un revers avec l'adoption d'une loi de réconciliation controversée. Malgré une forte opposition publique, la loi accorde l'amnistie aux fonctionnaires corrompus qui ont servi sous l'ancien régime de Ben Ali ».

Notons que  la Nouvelle-Zélande et le Danemark se classent au premier rang avec des scores de 89 et 88 respectivement. La Syrie, le Soudan du Sud et la Somalie se classent en  bas du tableau  avec des scores de 14, 12 et 9 respectivement. La région la plus performante est l'Europe de l'Ouest avec un score moyen de 66. Les régions les moins performantes sont l'Afrique subsaharienne (score moyen 32) et l'Europe de l'Est et l'Asie centrale (score moyen 34).

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« La lutte contre la corruption au Moyen-Orient et en Afrique du Nord exige une volonté politique sérieuse et sincère de changement et de réforme. Pour rompre avec les institutions politiquement corrompues, les gouvernements arabes doivent prendre des mesures à long terme pour établir des institutions transparentes et responsables, poursuivre les actes répréhensibles et permettre l'engagement et la participation des citoyens. Il faut mettre un terme aux conflits politiques, rendus possible par des lois draconiennes telles que les lois contre le terrorisme et la cybercriminalité. Sans une réforme sérieuse, la corruption continuera à prospérer, exacerbant encore l'instabilité politique et économique de la région et entravant son développement social et économique », conclut  le rapport.

Yosr GUERFEL AKKARI

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