Un «Empire des arts» à Ben Arous ! - Le Temps Tunisie
Tunis Jeudi 14 Juin 2018

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Jun.
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2018

Rétrospective de l'œuvre du peintre Samir Fitouri à la Galerie des Arts

Un «Empire des arts» à Ben Arous !

Mardi 20 Février 2018
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Dans cette exposition qui se poursuit jusqu’au 03 mars prochain, sont exposés 90 tableaux, anciens et récents et de formats différents, témoignant d’un riche parcours artistique et d’un travail créatif abondant de l’artiste-peintre Samir Fitouri. 

C’est un grand retour effectué par l’artiste au monde des arts plastiques après une absence d’au moins de trois ans pour des raisons de santé, sachant que sa dernière exposition personnelle remonte à 2015 à la Galerie Guermassi. L’actuelle exposition, baptisée « Empire des Arts » par l’artiste lui-même qui nous expliqué ce titre en ces termes : « En effet, je me sens comme un empereur qui règne dans cet empire pictural et tous ces tableaux sont mes sujets que j’ai créés, qui me procurent de la joie et de l’honneur… Tout cela, c’est mon empire que j’ai bâti à travers les années !»

En se déplaçant dans la galerie, une idée revient à l’esprit, c’est que toutes ces œuvres faites au cours de trente ans portent toutes les joies et les peines de l’artiste, le fruit de ses expériences dans la vie et de ses rapports avec les mouvements artistiques en Tunisie et dans le monde. Cependant, son style reste reconnaissable en choisissant sa propre vocation dans la peinture, oscillant entre réalisme et surréalisme, abstrait et figuratif. Seulement, il a une certaine prédilection dans la peinture de la femme et du fruit si bien que ces deux éléments sont omniprésents dans ses toiles qui montrent généralement des femmes à moitié nues accompagnées d’un certain fruit (grenade, pomme, figue, citron…). A la question pourquoi ce choix de la femme avec le fruit, l’artiste nous a confié : « Certains peintres associent la femme et la fleur, d’autres l’assimilent à l’eau ; quant à moi, je trouve que le fruit et la femme sont à l’origine de la beauté, du plaisir et de la séduction. On est toujours irrésistiblement attiré par ces deux éléments dans notre vie ! »

Originaire d’Hammam-Lif, notre peintre nous présente des tableaux illustrant cette belle ville balnéaire, notamment à travers son passé prestigieux en offrant à voir, dans un style figuratif, ces monuments dans leur état original, comme l’ancienne gare avec sa vieille bâtisse et sa locomotive à vapeur, le Casino, la mer et les pêcheurs avec leurs barques, des images qui laissent voir au fond la montagne de Boukornine qui domine la ville. Dans cette rétrospective, on reconnait même les toutes premières œuvres de notre artiste qui remontent aux années 70 du siècle dernier et qui lui sont très chères puisqu’elles lui rappellent ses débuts dans l’art. Certains ont été produits et exposés à l’étranger et que l’artiste garde comme souvenir jusqu’à nos jours : « J’y tiens comme à la pupille de mes yeux ! », nous a avoué l’artiste.

D’autres tableaux nous confient cette nature morte de fruits posés pêle-mêle à côté d’une cruche en verre, où l’on voit des grappes de raisins, des abricots, des pêches et des figues dont les couleurs quasi-naturelles apportent une touche de fraîcheur. Il faut également admirer cet autre tableau de nature morte qui présente un vase de roses aux couleurs éclatantes, se détachant sur un fond brun et qui vont d’un rose  pâle à un rose foncé. On s’attarde aussi devant les travaux 3D exécutés à la fois en peinture et sculpture, moyennant de la résine et des fibres de verre mélangés à d’autres matières. De même, un bon nombre de portraits de personnages typiquement tunisiens ornent les cimaises de la galerie et sur lesquels, on peut lire une spontanéité créatrice et une grande fidélité envers les éléments peints, quant à la reproduction des traits, des formes et des couleurs. De même, la tradition et le patrimoine culturels sont ressentis sur les toiles présentant d’anciens lieux de la Médina (Halfaouine, Bab Souika, Sidi Mehrez, Bab Mnara, Sidi Bou Saïd…) ou des scènes de la vie quotidienne. On ne peut pas quitter la galerie sans voir aussi les tableaux de calligraphie arabe où les lignes, fines ou épaisses, tracées avec beaucoup de poésie, s’entrecroisent pour donner forme aux lettres et aux mots. 

A travers tous ces travaux exposés, l’artiste a employé plusieurs supports (la toile, le papier…) et diverses techniques, allant de l’huile à l’acrylique, du couteau au collage et au bas-relief, réunissant parfois plusieurs techniques dans une seule œuvre, usant de plusieurs matières pour exprimer d’abord ses propres émotions et satisfaire ensuite les multiples goûts de l’observateur, car , à vrai dire, la majorité des travaux de Samir Fitouri laissent libre cours à l’interprétation, notamment ceux qui s’inspirent de l’école surréaliste.

Hechmi KHALLADI