Des monstres à visage humain… - Le Temps Tunisie
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2018

Chronique

Des monstres à visage humain…

Mardi 20 Février 2018
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Un éducateur, c’est quoi un éducateur dans une institution pour enfants autistes à l’Ariana ? Sans doute un objet non identifié. Sorte d’OVNI qui ne saurait être qualifié d’humain. En aucune façon ! C’est quoi l’ignominie ? C’est l’innommable avec un autre visage. Tout aussi effarant. 

Qui ose s’attaque à l’enfance pour la saccager, sans en éprouver aucunement, ni remords ni empathie, face à la souffrance qui ne dit pas son nom de ces êtres fragiles et sans repères, abandonnés à la cruauté d’adultes qui avaient pour mission de les protéger, et qui ont préféré les martyriser pour assouvir sans doute quelques sombres pulsions bestiales, confortés dans leur certitude d’être à l’abri des regards à l’intérieur des murs de leur institution, donc dans l’impunité, jusqu’à ce qu’une vidéo, ayant traqué fort heureusement leurs faits et gestes, ne vienne les trahir pour que les parents, stupéfaits et horrifiés, ne découvrent enfin la vérité. 

Et la vérité n’est pas belle à voir, loin s’en faut… Elle fait, plutôt, froid dans le dos. A se demander comment les éducateurs pour l’enfance, qu’elle soit à besoins spécifiques ou pas d’ailleurs, sont formés intra-muros. Et, surtout, comment ils sont recrutés ? 

Car, en vérité, c’est bien là que le bât blesse, le plus sûrement. Il y a eu des précédents. Hélas ! Et il y en aura encore tant que les institutions ayant à gérer tout ce qui relève à l’enfance, ne sont pas contrôlés, et d’une manière sans appel, et sans équivoque, pour ce qui regarde le recrutement de leur personnel, sachant que dans la plupart des cas, il est de notoriété publique qu’ils préfèrent fermer les yeux sur les réelles qualifications de leurs éducateurs, qui n’en sont pas le plus souvent, pour avoir toute latitude de les sous-payer, sans que ces derniers ne rechignent, dans une sorte de marché tacite où les complicités, pour silencieuses qu’elles soient, n’en sont pas moins avérées. 

Il se trouve que dans ces cas de figure, elles seraient plutôt meurtrières…

Samia HARRAR