Une rencontre commémorative et des souvenirs - Le Temps Tunisie
Tunis Mardi 18 Décembre 2018

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Dec.
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2018

Cinéma.. Omar Khlifi

Une rencontre commémorative et des souvenirs

Vendredi 16 Février 2018
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La commémoration du quarantième jour de la mort du cinéaste tunisien Omar Khlifi, le doyen des réalisateurs tunisiens parti le 30 décembre 2017, qui s’est tenue récemment à la maison de la culture Ibn Rachik et qui a été organisée par la délégation régionale de la culture du gouvernorat de Tunis, a été suivie par un public peu nombreux. 

La présence d’une poignée de cinéastes, de techniciens d’acteurs et de gens de la culture se faisait remarquer dans le hall de la maison de la culture où se tenait une exposition qui revenait sur le parcours de ce cinéaste-historien du cinéma en Tunisie et de quelques points forts de la vie politique de notre pays durant les périodes de post et de pré-indépendance. On se retrouvait devant l’indifférence, l’oubli et l’ingratitude des Tunisiens envers les artistes. Une « spécialité » bien tunisienne qui vient tuer une nouvelle fois un mort et un artiste créateur, de surcroit. Certes, le fossé, voire le désaccord entre les générations de cinéastes sous nos cieux est toujours très profond. Et jamais il n’a été rétabli, même à l’occasion des derniers adieux. Dans la grande salle de la maison de la culture et sur scène, trois parmi les personnes qui devaient intervenir, si on y ajoute le réalisateur Naceur Ktari, pour évoquer leurs souvenirs avec Si Omar, étaient présentes. Il s’agit de l’actrice Saloua Mohamed, qui a joué dans « Sourakh » (Hurlement), le quatrième long-métrage de fiction d’Omar Khlifi et de la journaliste et critique de cinéma Neïla Gharbi. Saloua Mohamed a évoqué particulièrement ses souvenirs durant le tournage du film où elle découvrait les ambiances des plateaux et donné quelques détails sur sa vie artistique ayant été découverte par le défunt journaliste Mohamed Arfa Mensiya pour entamer une carrière où elle a tourné dans trente cinq films en Tunisie avec des réalisateurs tunisiens et étrangers. Quant à Neïla Gharbi, ses souvenirs remontent du temps où elle travaillait à la SATPEC qui se trouvait à la rue Ibn Khaldoun et là où le bureau d’Omar Khlifi se trouvait et se trouve toujours en face des cinémas « ABC » et « Le Mondial. » De sa fenêtre, Si Omar pouvait voir si tel ou tel film programmé dans ces deux salles avaient ou non une belle affluence de la part du public.

Un cinéaste qui osait

 Les autres intervenants, y compris quelques membres de la famille de notre réalisateur défunt, n’avaient pu trop s’exprimer, étant retenu par l’émotion. Le mot du ministre des affaires culturelles avait été lu par Chokri Latif, directeur de la maison de la culture Ibn Rachik. Auparavant, un extrait de l’émission de la « Wataniya 2 » « El Hayet Film » (La vie est un film) nous renvoyait à une rencontre avec Omar Khlifi où il avait raconté ses débuts difficiles dans la réalisation en tant que cinéaste autodidacte qui avait fondé l’Association des jeunes cinéastes à la fin des années cinquante du siècle dernier pour tourner plusieurs courts-métrages et pour entamer par la suite la production et la réalisation de ses longs-métrages connus de tous. Il avait été le seul à présenter un dossier complet pour la réalisation de son premier long-métrage « Al Fajr » (L’Aube), suite à l’appel lancé à l’époque par le secrétariat d’Etat aux affaires culturelles. Et il fut accepté ! L’aube du cinéma tunisien apparaissait ! Et depuis, il n’avait pas tourné beaucoup, étant donné qu’il n’a commis que cinq longs-métrages. Mais, de part sa passion pour l’histoire, il a également écrit en parallèle des livres historiques où il avait apporté notamment des précisions, sinon des « scoops » sur des affaires politiques qui étaient restées secrètes. Que Dieu ait son âme !

Lotfi BEN KHELIFA