De l’effet fantastique d’un bonbon - Le Temps Tunisie
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Dec.
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2018

Avant-première du film libanais « Habbet caramel » d’Elie F. Habib

De l’effet fantastique d’un bonbon

Jeudi 15 Février 2018
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En présence d’un public des plus nombreux, le nouveau film libanais « Habbet caramel » du réalisateur Elie F. Habib a été projeté le 11 février en avant-première à la salle du « Colisée » en présence de son producteur Jamel Sannen et de ses deux acteurs principaux : la libanaise Maguy Bou Ghosn et le tunisien Dhafer El Abidine. Et c’est ce dernier qui a « provoqué » une affluence record du  public, toutes générations confondues, en cette fin d’après-midi de dimanche, svp !

Notre acteur fait des ravages hors-frontières, au Moyen Orient et dans les pays du Golfe. Il a été ainsi salué par son propre public tunisien. Quant au film, que distribue et exploite en Tunisie le Groupement Goubantini, il n’est pas une « foudre de guerre », autant qu’il accroche par son genre versant dans la comédie à la fois romantique et dramatique. Un film qui rappelle des bonnes vieilles productions américaines et anglaises des années cinquante, soixante et soixante dix du vingtième siècle. Du cinéma de papa à en revendre, en version troisième millénaire. Mais attention, la comédie crie son retour. Ce film ne reflète en rien le renouveau du cinéma libanais avec la nouvelle génération de réalisateurs où la création est féconde au niveau des films  de fiction longs et courts, des documentaires et des dessins animés. Pour « Habbet caramel »,  dont l’histoire est tout simplement fantastique, les spectateurs en rient durant presque toute la projection, car ce côté fantastique est le maître à bord. Ce genre de films a ses adeptes, certes. Tant mieux pour eux ! Il en faut pour tous les goûts. N’est-ce pas ? Et du moins, ce cinéma rappelle au public tunisien que les salles de cinéma existent encore malgré leur petit nombre. « Habbet caramel » distille des messages positifs à travers une histoire drôle pour mieux voir la vie et pour la voir autrement. Une histoire des plus inattendues et des plus rocambolesques sur fond de bataille intérieure, de convoitises et de mépris et d’amour. Et le bonbon caramel ? Il a ses effets surréalistes, voire métaphysiques qui donnent le tournis à tous les personnages du film. Dhafer El Abidine y joue en toute sobriété un rôle quelque peu déphasé par rapport au contenu de l’histoire. Ce qui donne à son personnage tous les ingrédients du jeu réaliste. De son côté, Maguy Bou Ghosn éclate sur l’écran avec son rôle pétri d’humour froid. Un film qui n’est pas sans donner l’envie d’aller au cinéma pour voir sur nos écrans un film libanais. Une fois n’est pas coutume.

Lotfi BEN KHELIFA