Les raisons de la grève - Le Temps Tunisie
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2019

Syndicat de l’enseignement secondaire

Les raisons de la grève

Jeudi 15 Février 2018
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La nécessité d’accorder davantage d’intérêt à la maintenance face à la détérioration alarmante de l’état des bâtiments scolaires, la compensation de l’effondrement du pouvoir d’achat des enseignants et des citoyens suite aux mesures fiscales décidées dans le cadre de la loi de finances 2018 et enfin la reconnaissance du droit des enseignants au départ facultatif à la retraite à l’âge de 55 ans, telles sont les principales raisons invoquées, hier,  par le secrétaire général de la Fédération générale de l’enseignement secondaire, Lassâad Yacoubi, pour justifier l’appel lancé aux professeurs du secondaire et du préparatoire pour l’observation d’une grève, aujourd’hui, dans l’ensemble du pays

Lors d’un point de presse tenu, hier, à la maison de l’UGTT à Tunis,  Lassâad Yacoubi  a attribué l’incendie récent à l’internat du lycée de Thala qui a causé la mort de deux jeunes filles internes, et autres incidents similaires,  au mauvais état des bâtiments scolaires et au peu d’attention prêté à ce volet de la part des services concernés du ministère de l’Education, réclamant la constitution d’une commission judiciaire indépendante pour enquêter sur les causes exactes de l’incendie du lycée de Thala. Il a indiqué que le bilan aurait été plus lourd sans l’intervention des agents affectés à l’établissement car, a-t-il dit,  il y avait dans l’internat une issue de secours mais elle avait été bouchée, tandis que les travaux de réhabilitation qui y étaient effectués avaient été arrêtés par l’entrepreneur parce qu’il n’avait pas été payé.

S’agissant de l’effondrement du pouvoir d’achat, il a indiqué que les enseignants et les citoyens en général ne peuvent pas supporter les conséquences des choix économiques du gouvernement, signalant que l’accord avec les syndicats  sur la non revendication de la majoration salariale finissait en 2017 et ne concerne pas l’année 2018. Les demandes de la Fédération sont l’amélioration du montant des primes spécifiques dont bénéficient les enseignants, et du pendant financier des échelons d’avancement.

Pour ce qui est du droit des enseignants au départ facultatif à la retraite, le secrétaire général de la Fédération générale de l’enseignement secondaire a mentionné un accord conclu avec l’administration en 2011 qui  considère le métier des enseignants comme un métier pénible qui donne à ces derniers  le droit de partir à la retraite à l’âge de 55 ans, au terme de 30 ans d’exercice avec une bonification de cinq ans. Il a indiqué qu’il existe 3 mille enseignants en congé de longue durée qui touchent leurs salaires et n’exercent pas parce qu’ils sont incapables de le faire, et ce, le plus souvent, pour  des dépressions et des facteurs d’ordre psychologique, outre un bon nombre d’autres enseignants qui, tout en exerçant, sont quasi malades et suivent des traitements. 

Il a estimé que le départ à la retraite de tous ces enseignants se justifie par la rentabilité, car ils seront remplacés par de jeunes enseignants d’un rendement meilleur, outre qu’il ouvre la voie à de nouveaux recrutements et à l’emploi des nouveaux diplômés.

Salah  BEN  HAMADI