Bruits et chuchotements - Le Temps Tunisie
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Bruits et chuchotements

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Mardi 13 Février 2018
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Compétition internationale Malek Jandali des jeunes pianistes : Selim Khamassi reçoit le 2ème prix à Carnegie Hall à New York
C’était le 3 février dernier à la majestueuse salle Carnegie Hall à New York , que le jeune pianiste tunisien Selim Khamassi a reçu le deuxième prix de la Compétition internationale Malek Jandali des jeunes pianistes, et ce pour la deuxième fois, après une première consécration en 2014. La remise du prix a coïncidé également avec le lancement du nouvel album "Jasmin Tree" du célèbre compositeur syrien Malek Jandali.
De retour de New York, son professeur de piano Montassar Ben Messaoud, a déclaré à l’agence TAP que la cérémonie rehaussée de la présence de l'Ambassadeur de la Tunisie auprès des Nations Unies, a démarré par un concert donné par les 3 jeunes lauréats de l'édition 2017 du concours Malek Jandali avec des performances en solo des œuvres du même compositeur.
Et en clap de fin, c’était le tour de Malek Jandali de gâter son public avec une musique qui s'inspire des œuvres de grands poètes tels que Rumi, Sarojini Naidu et Natasha Trethewey.
Pourquoi avoir choisi la Compétition Malek Jandali ? A ce sujet, Montassar Ben Messaoud a fait savoir qu’il avait découvert en 2011 Malek Jandali avec l'album "Echoes From Ugarit", et de là, il est tombé sous le charme d’un beau mélange de fragrances orientales et harmonies occidentales.
" J'ai senti dans cette musique une dimension innovatrice et une force émotionnelle qui puise dans le patrimoine millénaire de la Syrie " a-t-il indiqué. Et d’ajouter " Pour pouvoir me concentrer davantage sur les compositions de Jandali, j'ai immédiatement décidé de rajouter certaines de ses œuvres dans mon programme d'enseignement de Piano ". Cette initiative a-t-il expliqué, a été fortement sollicitée par ses élèves pianistes qui se sont reconnus dans cette musique qui reflète la culture dont nous sommes issus.
D’ailleurs, les résultats ne se sont pas fait attendre, puisque Selim Khamassi a réussi à remporter à deux reprises le 3ème et le second Prix de cette compétition en 2014 et 2017.
Agé de 15 ans, le jeune prodigue, surfant de succès en succès partout où il se déplace tout en bravant l’anonymat, vient encore une fois de focaliser le halo des projecteurs aux Etats Unis d'Amérique pour sa prestigieuse interprétation du morceau "Eid" de l’Album "Echoes from Ugarit" œuvre du compositeur et pianiste syrien Malek Jandali.
Né le 20 Avril 2002, Selim Khamassi poursuit ses études secondaires au Lycée Pierre Mendès France de Tunis. En 2010, il a démarré ses cours de piano avec son professeur actuel Montassar Ben Messaoud. En 2014, il a remporté le 3ème prix de la 1ère édition du concours Malek Jandali à New York. En 2016, il remporte le Rebec d’Or de la catégorie 12-14 ans du Festival National " Journées Neapolis des Musiciens Solistes " et obtient la meilleure note toutes catégories d’âge confondues.La même année, il réussit à remporter la médaille d’argent au Concours Claude Kahn à Paris après sa participation à la catégorie Moyen 1. En 2017 il était tête d’affiche de la première édition du concert Les Pianissimes à l’Acropolium de Carthage, ce qui lui a permis de jouer devant plus de 400 personnes.

Le ministère des affaires culturelles programme la création de 30 espaces culturels
Le ministère des affaires culturelles a programmé la création de 30 espaces culturels a déclaré le ministre des affaires culturelles Mohamed Zine El Abidine lors du séminaire des délégués régionaux de la culture organisé dimanche à Mahdia.
Les projets programmés par le ministère concernent également le parachèvement des travaux de la cité de la culture et le suivi des activités des programmes de "Tunisie cités des arts", "Tunisie cités des civilisations" et "Tunisie, cités de la littérature et du livre".
Dans une déclaration au correspondant de l'agence tap il a relevé qu'il est devenu impératif d'améliorer les programmes soumis par le ministère et de promouvoir le rendement des délégations régionales de la culture en veillant à renforcer la culture de proximité et de citoyenneté.
Il a à cet égard évoqué les lacunes dans les programmes du ministère concernant notamment le manque de concentration sur la diplomatie culturelle, l'investissement culturel et le renforcement du partenariat entre les secteurs public et privé. Cet état de fait nécessite une refonte totale afin que le secteur culturel soit un important facteur de développement.
Le ministre avait samedi, visité plusieurs régions du gouvernorat de Mahdia pour prendre connaissance de l'infrastructure culturelle.

Ballade visuelle et spirituelle dans "Les entrelacs de l'imaginaire" du plasticien Jamel Chaouki Mahdaoui
Sa philosophie de l'art est celle d'un plasticien quelque part engagé, et lorsqu'il parle de ses oeuvres et sa conception de l’action artistique, Jamel Chaouki Mahdaoui a le verbe fluide et aussi intense et généreux, à l'image des couleurs qui enveloppent ses toiles.
Une première rencontre samedi soir avec le plasticien, pourtant brève, a permis de déceler un personnage révolté, mais en douceur, enfoui derrière ce béret et blazer sous lequel il portait un tee shirt en noir sur lequel est imprimé la même toile qui trône à l’entrée de l'espace sophonisbe à Carthage où se tient sa toute dernière exposition "Les entrelacs de l'imaginaire".
Dans cette toile qui est pour lui "le réceptacle de tous les gens qui débarquent", le plasticien évoque "une symbolique extraordinaire sur la dualité entre les personnages, exprimée par cette symétrie entre les deux parties de l'oeuvre et une peinture à l’état brut, à main levée, qui renvoie aussi à "une symbolique de puissance".
Un vernissage grandiose, de cette exposition qui se poursuivra, du 10 février au 1er mars 2018, digne des deux ans que le plasticien dit avoir pris le temps pour finaliser les toiles, et au cours desquelles il s'était "retiré des futilités de la vie" pour travailler à fond dans son atelier tout en puisant toute son énergie" dans ce qu'il qualifie de "belle peinture dont je suis vraiment convaincu.. "
L'exposition offre une certain regard sur l'univers de Mahdaoui qui, en quelque sorte se voit "obligé de dénoncer des choses en faisant grimacer certaines présences, en important à mes œuvres la présence de l’œil, le symbole du non dit". Devant autant de thèmes et de couleurs, l’artiste explique une disposition des œuvres faite selon un "ordre chromatique et les thèmes, classés par couleur, sont dans l’enchevêtrement ce qui donne l’impression qu’ils sont des thèmes différents alors qu’ils se rejoignent sur le plan idéologique, fantasmagorique, civilisationnel, culturel, symbolique..".
Mais parmi toutes ces œuvres, il n'en voit qu'une "seule oeuvre émanant d’un seul peintre avec toutes ses contradictions, ses expériences personnelles". A la fin de sa cinquantaine, Jamel Chaouki Mahdaoui, se situe dans une phase de maturité artistique.
Fort d'un parcours artistique de plus de 35 ans, pour ce fils de Carthage réclamant tant son identité et ses origines, l'artiste emprunte une approche artistique basée sur "la façon de faire évoluer les toiles et la peinture" et renvoie à "une intelligence dans la démarche". Une démarche d’un artiste s'estimant "subversif", et pour lequel l’intelligence réside dans l'habileté à "traiter différents thèmes, sans être agressif, exprimer des idées, pacifiquement, à l’aide du pinceau, en glisser des symboles pour dénoncer certaines questions de l'époque".
Son inspiration puise énormément dans la mythologie greco-romaine, du sanskrit,de la mythologie, ..tout en se référant en même temps au vécu dans lequel il évolue. Et toutes ses démarches transitent par Carthage et la mémoire historique d'un artiste qui creuse dans l'intemporalité et arrive à tout adapter, partant de sa conviction que le rêve et l’imaginaire sont indissociables du réel.
Pour lui, l’artiste est systématiquement invité à se restituer par rapport aux passé. Sinon "qu’est ce qu’un artiste peintre s’il n’est pas témoin de son époque, s’il ne dénonce pas pas la barbarie, la dictature, les violences sociales et la misère, s’il n’est pas l’image de cette réalité...", se demande ce fin penseur et philosophe de l’art.
Loin de vouloir porter la casquette d’un écrivain, qu'il considère "énorme", Mahdaoui affiche humblement ses talents dans l’essai, la poésie et incontestablement la peinture.
L'exposition offre une ballade visuelle et spirituelle, dans une riche collection de 72 toiles, de différents formats et couleurs, qui mérite le détour où la beauté de l’oeuvre chez Mahdaoui incarne le souci permanent qu'il avoue chercher à "conserver entre une esthétique du signe et celle de l’image", tout en alliant beauté, sensualité et haute sensibilité spirituelle.