Pourquoi la Tunisie est-elle tombée si bas ? - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 18 Février 2018

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Avec des tâtonnements néfastes

Pourquoi la Tunisie est-elle tombée si bas ?

Vendredi 9 Février 2018
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Les Tunisiens, hommes d’affaires, travailleurs et simples citoyens en ont vu de toutes les couleurs, pas très reluisantes, depuis la Révolution, avec des périodes des plus sombres, des dossiers qui n’arrivent pas à être dénoués, au niveau des assassinats politiques et des chantres du commerce parallèle. Et voilà que la situation empire, après la succession de classements pas très dignes, sur des listes de paradis fiscaux, de pays susceptibles d’être fortement exposés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme, par le GAFI et qui a été relayé, avec une grande joie, par les ministres des Finances de l’Union européenne.

Les classements peu honorables pris à la légère par les dirigeants politiques sont, quand même, le reflet de leur incapacité à gérer le pays, de la meilleure manière possible, au moment où nous avons besoin de l’apport de toutes nos compétences, pour sortir d’une crise socio-économique qui perdure et dont on ne voit pas le bout.

Depuis le maudit 14 janvier 2011, les Tunisiens n’en finissent pas de souffrir le martyre, soit avec des dirigeants politiques malintentionnés, soit d’autres qui font l’apprentissage de la vie politique de la mauvaise manière, surtout après la désertification orchestrée par l’ancien dictateur Zine El Abidine Ben Ali, et le vide sur le plan de vrais dirigeants qui peuvent mener le pays à bon port.

On essaie de faire porter le chapeau au gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Chédly Ayari, dont les procédures de licenciements et pour la sortie par la petite porte sont engagées, mais, il ne doit pas être le seul à payer les pots cassés, parce que le mal est très profond et qu’il est nécessaire de faire le ménage et de demander des comptes à ceux qui sont à l’origine et à la base de cette dégradation de la situation.

Le Tunisien a besoin de savoir… Il veut connaître les noms de ceux qui, sans vergogne et sans états d’âmes, ont conduit le pays vers l’abime, alors qu’ils profitent de la manne de ce pays et se la coulent douce aux frais du pauvre contribuable à qui on demande de nombreux sacrifices, alors qu’on l’a écorché vif et qu’il n’a plus rien à donner, sauf le pain quotidien de ses enfants.

Des explications peu convaincantes

Taoufik Rajhi, Ministre-Conseiller auprès du Chef du Gouvernement Chargé du Suivi des Réformes Majeures, était apparu, mercredi soir, sur le plateau de la TV El Watania 1, pour défendre l’indéfendable, parce que les dirigeants politiques doivent dissocier entre leurs objectifs et les mesures prises pour les réaliser.

Rajhi a affirmé, ironie du sort, que c’est le gouvernement qui était allé présenter son plan au GAFI, afin d’en tirer profit pour la Tunisie, mais le comble, c’est que cette décision a abouti au classement de la Tunisie en tant que pays susceptible d’être fortement exposé au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme.

Et là, il est de notre droit de nous demander pourquoi nous sommes allés au purgatoire, par notre propre volonté, sans nous être préparé pour passer ce test très important, pour l’avenir du pays.

Toutes les explications possibles de M. Rajhi n’arriveront pas à convaincre qui que ce soit. Ni les deux « Acts »qui nous manquent et que les responsables sont en train de régler, sur les 28 exigés pour le GAFI ni les pseudo-excuses qu’il avance pour expliquer l’initiative, surtout qu’il est du devoir pour les responsables politiques et administratif de bien ficeler les dossiers avant de les exposer à des instances qui ne nous veulent pas beaucoup de bien.

Le mal est très profond, avec trop de zones d’ombre lors de période de la Troïka, composée du Congrès pour la République (CPR) et d’Ennahdha, surtout, avec Ettakattol comme marionnette, avec l’Islam politique, les assassinats de dirigeants de partis et des compensations pour des extrémistes et des takfiristes qui sèment, jusqu’à maintenant, le désordre et la terreur dans le pays.

Le proverbe dit que le ridicule ne tue pas, mais, pour le commun des mortels, le ridicule peut évaporer les rêves de tout un pays et ses aspirations à un avenir meilleur. Et toute l’opinion publique cherche savoir qui cherche à faire autant de mal à la Tunisie.

Faouzi SNOUSSI

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