Selon «Renaissance Capital», le dinar tunisien est la monnaie la moins chère en Afrique - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 18 Février 2018

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Selon «Renaissance Capital», le dinar tunisien est la monnaie la moins chère en Afrique

Jeudi 8 Février 2018
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La Banque d’Investissement «Renaissance Capital» active sur le continent africain depuis 2007 vient de publier un rapport sur la Tunisie, intitulé « Thoughts from a Renaissance man. Tunisia: Outperforming in the 2020s». Le rapport déduit en fin de compte que l’économie tunisienne devra  surperformer d’ici 2020 et ce en se basant sur les paramètres suivants : alphabétisation, infrastructure et les gains de compétitivité induits par la volatilité du dinar. 

«En 2018, le dinar tunisien (TND) est devenu la monnaie la moins chère ou la plus dévalorisée pour s’échanger au moindre coût de toutes les économies de la Frontière ou de l’Afrique dans  notre échantillon de base  ou notre modèle REER». Un niveau qui contribue selon les auteurs du rapport à améliorer la compétitivité de l’économie tunisienne outremer. En se basant sur le taux  de change moyen enregistré en 2017, en Tunisie le salaire minimum en euros a diminué de 13% depuis 2012, une baisse plus importante que les coûts salariaux horaires grecs  enregistrés sur la période 2012-2016. « Le salaire minimum est maintenant à peu près la moitié de celui du Maroc », ajoute la même source qui met en relief le lien entre la dépréciation du dinar et l’amélioration de la compétitivité prix de la main d’œuvre. Autrement dit, la main d’œuvre tunisienne devient de moins en moins cher pour les entreprises étrangères implantées en Tunisie.  La main d’œuvre serait aux yeux de Renaissance Capital » la première source de compétitivité de l’économie tunisienne qui lui permettra devenir l’une des économies les plus prospères en Afrique. 

«Cette grande amélioration de la compétitivité  devrait faire de la Tunisie l’un des gagnants de la prochaine décennie sur les marchés africains et frontaliers. En termes d’alphabétisation, la Tunisie devance l’Egypte d’une décennie et le Maroc de 15 ans.  La Tunisie est mieux placée pour mobiliser l’offre de main-d’œuvre formelle recherchée par  l’industrie étrangère et sera l’un des principaux bénéficiaires à long terme du rétrécissement des effectifs dans l’UE » Nous pensons que les flux d’IDE vont augmenter », note le rapport en mettant en exergue l’accord de libre échange global (ALECA) entamé depuis 2015 avec la Tunisie qui couvrira l’agriculture. 

Toutefois, cette dépréciation du dinar s’est cher payé et a son tribut  lourd et sec comme l’atteste le déficit du compte courant qui a probablement atteint 10% du PIB en 2017 et la situation critique dans laquelle se débattent les finances publiques. « Les premières années après le printemps arabe ont vu des gouvernements inexpérimentés, confrontés avec des voisins instables, un électorat agité et des marchés d’exportation faibles, choisir de stimuler les dépenses publiques, et en particulier les salaires, plutôt que de risquer de se lancer dans des réformes économiques radicales. Cela a aggravé les finances publiques, peut-être évincé l’investissement privé, et maintenu une croissance atone mais au détriment d’un déficit du compte courant qui a probablement atteint 10% du PIB en 2017. Le changement est maintenant en cours », expliquent les auteurs du rapport qui soulignent l’engagement du « FMI et de la communauté internationale de soutenir la Tunisie  à hauteur de  3,3 à 3,5 milliards de dollars par an  jusqu’à 2021.

Le rapport soutient les mesures prises par le gouvernement d’Union internationale en faveur de la maîtrise des dépenses salariales, de la promotion des investissements étrangers et du désengagement de l’Etat de certaines entités publiques.  Le rapport estime que le taux d’employabilité pourrait augmenter de 68% en Tunisie en 2020 contre 44% en 2013 et que la croissance pourrait atteindre 6% avec le retour de la productivité et de la production industrielle. 

Y.G.A