L’Union nationale expirera-t-elle après les municipales ? - Le Temps Tunisie
Tunis Mercredi 15 Août 2018

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2018

Al Massar continuera de soutenir le gouvernement

L’Union nationale expirera-t-elle après les municipales ?

Jeudi 8 Février 2018
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Représenté au sein du gouvernement d’union nationale par le ministre de l'Agriculture et des ressources hydrauliques, Samir Taieb, le parti d’Al Massar a tenu, mardi, une réunion de son Conseil central. Une rencontre au cours de laquelle la question du soutien du gouvernement de Youssef Chahed a été posée. 

 

A l’issue de sa réunion, Al Massar a finalement décidé de continuer à soutenir l’équipe gouvernementale actuelle ; un soutien qui serait désormais critique à en croire Salma Baccar, dirigeante et ancien député du parti. Toujours selon Mme Baccar, Al Massar se penchera de nouveau sur le pacte de Carthage pour en extraire toutes les éventuelles lacunes sans pour autant proposer de changements dans l’immédiat parce qu’il souhaite rester objectif et ne pas encaisser la responsabilité nationale relative à une éventuelle chute du gouvernement d’union nationale.

La chute du gouvernement de Youssef Chahed devient en effet de plus en plus pressante et pour cause. Le mouvement de Nidaa Tounes, duquel est issu le chef du gouvernement, ne cache plus ses réticences à l’équipe  gouvernementale actuelle. Si les premières appréciations nous ont été communiquées grâce à un enregistrement fuité de l’une des réunions internes du Nidaa, les suivantes ont été exprimées clairement et directement par les dirigeants nidaïestes à travers des interviews publiques. Rebondissant sur ces appels, le mouvement islamiste d’Ennahdha a mis en garde, à travers son vice-président Ali Laârayedh, contre le danger que pourrait représenter la chute de ce gouvernement.

Après mûre réflexion, il semblerait que Nidaa Tounes s’est finalement rétracté et cherche non pas à soutenir Youssef Chahed, mais à éviter de l’attaquer médiatiquement parce que le mouvement a désormais besoin de ce gouvernement du moins jusqu’au 6 mai 2018, date de la tenue des élections municipales. En effet, Nidaa Tounes a appelé quelques ministres à s’occuper de la coordination de ses listes municipales régionales et a même réussi à convaincre les indépendants à se rejoindre à ses rangs pour mieux favoriser ses chances. Critiqué par d’autres composantes politiques – à l’instar de la Coalition civile qui pose un problème d’ordre éthique essentiellement – Nidaa continue d’ignorer tous les usages et d’avancer dans sa stratégie électorale sans aucune gêne.

Ce récent recours aux ministres de Youssef Chahed a amené certains observateurs à se poser de sérieuses questions sur l’avenir du gouvernement. Les actuelles querelles en vue de décrocher la présidence de la Kasbah n’est un secret pour personne et certains ministres en exercice seraient directement concernés par ces plans ambitieux. A côté, le mouvement Ennahdha continue de co-piloter dans une totale discrétion tout en se concentrant sur les élections municipales comprenant, intégralement, l’extrême importance de cette échéance électorale.

Entre-temps, Youssef Chahed et son équipe jouissent d’une trêve de courte durée  qui risque de se retourner violemment contre eux au lendemain du 6 mai prochain. Ceux mêmes qui ont, il y a un an et quelques poussières de cela, propulsé Chahed au poste de chef du gouvernement cherchent aujourd’hui, par tous les moyens, de l’en évacuer dans l’espoir de retrouver un équilibre de pouvoir que seuls eux comprennent…

Salma BOURAOUI