Les partis politiques cloitrés dans leur tour d’ivoire - Le Temps Tunisie
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2018

Loin de coller à la réalité du citoyen

Les partis politiques cloitrés dans leur tour d’ivoire

Jeudi 8 Février 2018
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Il n’est plus un  secret pour personne que nos partis politiques vivent dans une tour d’ivoire, loin des préoccupations du citoyen et de la réalité, se contentant de penser aux intérêts partisans et au positionnement sur la scène politique, tout en oubliant que c’est l’électeur qui va décider de leur survie, lors des prochaines échéances électorales et que la menace du vote sanction plane sur tous ceux qui le déçoivent.

La mascarade n’a que trop duré avec plus de 210 partis dirigés, souvent, par des anonymes, et dont environ une dizaine seulement sont vraiment agissant, dans une certaine limite, puisque même Nidaa Tounès et Ennahdha, les partis les plus influents, actuellement, n’arrivent plus à rassembler.

Ces deux partis se sont cantonnés dans leurs retranchements avec une autosatisfaction certaine, surtout qu’ils ne pensent plus à consolider leurs bases et à chercher de nouvelles recrues, croyant, peut-être à juste titre, qu’ils ont suffisamment de militants pour gagner des élections qui peuvent apporter beaucoup de surprises.

Pour ces deux partenaires au pouvoir, en particulier, et pour les centaines d’autres, en général, les représentations régionales et locales, si elles existent, sont fermées et n’ouvrent leurs portes que très rarement et, particulièrement, à l’occasion de visites rares de dirigeants nationaux qui apportent une contribution consistante, pour l’organisation de manifestations en trompe-l’œil.

En face, il y a des citoyens qui ne croient plus en leurs dirigeants politiques ou aux promesses des autres partis naissants ou existants et qui n’ont qu’une audience très limitée.

Le signal d’alarme avait été donné par les législatives partielles d’Allemagne où seulement 1326 électeurs sur un total de plus de 26 000 avaient daigné faire le déplacement pour voter et… le blogueur Yassine Ayari en avait profité pour être élu député par…284 voix. Le comble est qu’un candidat à ces élections avait obtenu zéro voix, c’est-à-dire qu’il n’avait même pas pris la peine d’aller voter.

Pour les prochaines élections municipales qui sont à nos portes, pratiquement tous les instituts de sondage, à qui on n’accorde peu de crédibilité, tablent sur un taux d’abstention allant jusqu’à 70%.

Entretemps, les chiffres sur les performances économiques ne prêtent pas à l’optimisme et le gouvernement balance entre soutien et critiques de ceux qui l’ont installé, avec un Nidaa Tounès qui s’enfonce dans ses dissensions et Ennahdha qui fait la saint-nitouche et qui cherche à montrer patte blanche, afin de préserver sa position sur la scène politique.

La Tunisie attend beaucoup plus de courage et d’initiatives de ses décideurs, afin de donner de l’espoir à ce peuple qui a cru en la Révolution et qui passe d’une déception à l’autre, sans savoir à quel saint se vouer. Et les partis politiques doivent sortir de leur cocon pour espérer convaincre, mobiliser et tirer profit de la situation actuelle.

Faouzi SNOUSSI

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