Bruits et chuchotements - Le Temps Tunisie
Tunis Mercredi 17 Octobre 2018

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Bruits et chuchotements

Dimanche 4 Février 2018
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Projet de loi relatif à l'artiste et aux métiers artistiques : des artistes appellent à la révision du projet

Des artistes ont appelé à la nécessité de réviser le projet de loi relatif à l'artiste et aux métiers artistiques, actuellement à l'examen dans l'assemblée des représentants du peuple (ARP). Ils ont ainsi appelé à adapter le projet au niveau de la forme et du contenu aux principes de la Constitution tunisienne qui consacre le droit à la culture et la liberté de la création, et ceci, avant sa présentation devant l'assemblée générale pour l'adoption.

Lors d'une réunion à l'espace El Teatro à Tunis, mercredi, consacrée à la discussion du projet de loi relatif à l'artiste et aux métiers artistiques, les artistes présents ont indiqué que ce projet de loi est "anticonstitutionnel" et ne répond pas aux attentes de l'artiste tunisien. Ils ont, dans ce sens, critiqué le ministre des affaires culturelles Mohamed Zine El Abidine pour l'absence d'une consultation élargie dans l'élaboration de ce projet de loi. Les artistes, ont dans ce même contexte estimé que la décision unilatérale du ministre à propos de la nomination des membres des commissions chargées de l'octroi des cartes professionnelles est un "contrôle" sur la liberté de la création d'un côté et une "dépossession" des commissions de leur indépendance d'un autre côté.

A ce sujet, le metteur en scène Taoufik Jebali a qualifié le projet de loi de "honteux" en indiquant que ce projet mélange entre les différents métiers artistiques en dépit de la spécificité de chacun. Il s'est engagé en ce sens à recourir à l'instance provisoire de contrôle de la constitutionnalité des projets de loi en cas de l'adoption du projet de loi dans sa version actuelle.

De son côté, l'acteur Atef Ben Hassine a exprimé son étonnement face à la présentation du projet de loi dans sa forme actuelle en s'interrogeant à cet effet sur les raisons de ne pas considérer dans l'élaboration du projet, le travail effectué au cours de la période de Latifa Lakhdhar à la tête du ministère des affaires culturelles.

Dans le même contexte, l'artiste Habib Belhedi s'est interrogé sur le sort de l'ancien projet de loi élaboré par l'ancienne ministre des affaires culturelles Sonia M'Barek en août 2016 avec la collaboration de 100 créateurs représentant les différents secteurs artistiques. Il a, à cet égard, proposé l'élaboration d'un nouveau texte remplaçant le projet actuel incluant une amélioration des textes relatifs à la sécurité sociale et annulant par la même occasion les textes à caractère répressif.

Le chorégraphe Imed Jemâa a aussi exprimé son refus de ce projet qui est, selon lui, "liberticide" limitant les forces créatifs des jeunes chorégraphes. 

Dans le même contexte, le président de l'Union des Artistes Plasticiens tunisiens (Uapt),Wissem Gharsallah, a déclaré à l'agence TAP lors d'une séance avec la commission des jeunes, des affaires culturelles, de l'éducation et de la recherche scientifique que le projet actuel ne répond pas aux attentes actuelles de la scène culturelle et artistique, relevant à ce sujet, que l'union des artistes refuse le caractère répressif du projet. 

Il a, par ailleurs, critiqué les textes fiscaux introduits dans le projet déclarant que les artistes sont des citoyens égaux devant la loi et sont soumis aux dispositions de la loi des finances publiée chaque année. Dans ce sens il s'est interrogé sur les raisons d'introduire des mesures fiscales en dehors de la loi des finances.

Lors de cette réunion, un nombre de députés ont été présents comme Hager Ben Cheikh Ahmed, Sabrine Goubantini, Bochra Belhaj Hmida, Ali Bennour, et le président de la commission des jeunes, des affaires culturelles, de l'éducation et de la recherche scientifique Tarek Barrak. Les députés ont tenu à dissiper les "craintes" des artistes quant à l'adoption du projet de loi relatif à l'artiste et aux métiers artistiques dans sa forme actuelle. Ils ont, ainsi souligné dans leurs interventions que le projet de loi ne sera pas adopté qu'après sa révision en vue de s'aligner aux principes de la Constitution et aux conventions internationales relatives aux droits et des libertés.

 

Un film sur la décennie noire en Algérie

 Cette fiction de 100 minutes en autoproduction est une immersion dans la société algérienne  des années 1990. Un film «subversif»,

promet le jeune réalisateur algérien, Mourad Bouamrane.

El Hijab N’Yeli (Le voile de ma fille) est le titre d’un long métrage cinématographique en kabyle que compte réaliser en autoproduction Mourad Bouamrane.

Le film est une immersion dans la décennie du terrorisme qu’a vécue l’Algérie durant les années 1990, dont le bilan varie de 60 000 à 150 000 morts.  C’est une histoire racontée par Jean Claude, un réalisateur français en déplacement en Algérie, pour les besoins d’un documentaire. Il revient sur son aventure dans un grand pays qui sombre dans les ténèbres du terrorisme.

L’assassinat des journalistes et des intellectuels, l’intégrisme rampant, les massacres perpétrés par des groupes armés affiliés au GIA, la fiction est imprégnée de la dure réalité des années de feu et de sang à travers des «flashs» sur la société de l’époque et les maux générés par l’obscurantisme et le mal-vivre dans un pays en proie à la pire crise de son histoire post-indépendance. Un film «subversif» pour la mémoire et l’histoire. Autodidacte, Mourad Bouamrane fait ses premières armes artistiques dans le théâtre en campant des rôles, puis en produisant plusieurs œuvres.

A son compteur, deux prix de la meilleure interprétation masculine et un troisième pour la meilleure mise en scène. 

Dans le cinéma, Mourad Bouamrane compte à son actif un film en kabyle intitulé Nghigh urzrigh, réalisé en 2012, et Chaâbano, un court métrage primé de l’Olivier d’or, lors du 14e Festival national du film amazigh organisé en octobre 2015 en Algérie. «J’ai d’autres projets écrits, dont une série burlesque et un documentaire qui retrace l’histoire de l’Afrique du Nord.