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Elections municipales: Les scénarios se précisent

Dimanche 4 Février 2018
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Elections municipales: Les scénarios se précisent

A l’approche du 6 mai 2018, les partis politiques deviennent de plus en plus présents au niveau des médias. Chacun souhaitant marquer grandement les élections municipales, cette nouvelle échéance risque de connaître des revirements sans précédent. Alors que le vainqueur des récentes élections législatives partielles en Allemagne, Yassine Ayari, vient de débarquer à Tunis rappelant ainsi au mouvement de Nidaa Tounes que tout demeure possible lorsqu’il s’agit de scénarios électoraux.

Nidaa Tounes, qui a récemment fait appel à ses ministres en poste – et en a même recrutés de ceux qui se présentaient comme indépendants – pour qu’ils s’occupent de la coordination régionale des listes électorales du mouvement, se retrouve aujourd’hui dans une grande galère attaqué et critiqué de partout. Si la question peut ne pas être légale (comme l’a expliquée le président de l’Instance supérieure indépendante des élections (ISIE), son côté contraire à l’éthique est tout-de-même bien en évidence : des ministres bénéficiant de tout ce que leur offre leur poste, peuvent très bien déraper et instrumentaliser l’Etat et ses rouages en faveur de leur parti politique.

De son côté, le mouvement islamiste  Ennahdha n’est pas dans une meilleure situation puisque son alliance avec Nidaa Tounes, son ennemi d’hier, ne cesse de marquer ses sympathisants trahis par ceux qui se présentaient comme sauveur de l’unique identité, menacée de tout temps, arabo-musulmane. Ennahdha est tout aussi fragilisé par le départ de son ancien vice-président, Hamadi Jebali, qui vient tout récemment de manifester son intention de se présenter à la prochaine élection présidentielle en tant que candidat indépendant, bloquant ainsi toute possibilité de revenir à son mouvement mère. Si les sondages locaux donnent toujours le mouvement islamiste en tant que second favori aux élections, les sondages internationaux ne sont pas du même avis. Dernièrement, un sondage d’opinion américain a dévoilé que les deux mouvements actuellement majoritaires ne rassembleraient que quelques petites voix lors des prochains mois…

Du côté de l’opposition – elle aussi divisée sur deux camps – les tentatives de rassemblement continuent d’être menées sans que cela ne donne rien de concret. La Coalition civile, formée par onze partis politiques, comprend des personnalités politiques, à l’instar de Mohsen Marzouki, Ridha Belhadj ou encore Ahmed Néjib Chebbi, qui ne parlent plus aux Tunisiens à cause de leurs multiples et incomptables manœuvres politiques qui ont été, toutes, vaines. La Coalition civile démarre sur un mauvais apriori qui risquerait de lui coller à la peau et de l’empêcher de connaître un vrai décollage en mai prochain.

Pour sa part, le Front populaire, unique représentant de la Gauche  il n’y a pas très longtemps, fait désormais face à un ennemi de taille. Le  nouveau parti qu’est en train de façonner Abid Briki, ancien syndicaliste et figure phare de la Gauche, pourrait causer quelques petits problèmes au Front qui, jusqu’à présent, n’a fait aucune annonce concernant d’éventuelles alliances ou rapprochements. Ce qui aggrave la situation du Front populaire c’est le fait qu’il n’ait réagi à aucune déclaration provenant du côté des dirigeants du Courant démocratique – qui, ne l’oublions pas, est un parti résultant du Congrès pour la République (CPR) au pouvoir et grand allié d’Ennahdha lors de la période de la Troïka – qui disent et répètent qu’un rapprochement avec la coalition de la Gauche ne serait pas de refus.

Dans ce flou à peine artistique qui englobe la scène politique, le sort des élections municipales incite plus au pessimisme qu’autre chose d’autant plus que l’abstention risque d’en être l’unique victorieuse…

Salma BOURAOUI