Drogues et addiction : où va-t-on ? - Le Temps Tunisie
Tunis Mercredi 17 Octobre 2018

Suivez-nous

Oct.
18
2018

proximité

Drogues et addiction : où va-t-on ?

Samedi 3 Février 2018
نسخة للطباعة

C'est une information qui fait froid dans le dos. Un gérant de superette située à El Menzeh 1, aux alentours d'une faculté et d'un foyer pour jeunes filles, a été arrêté en possession de barrettes de cannabis qu'il revendait aux étudiants, nombreux dans les parages. C'est à se demander, où va-t-on ?

 

Mercredi soir, les policiers ont débarqué dans le magasin et ont réquisitionné une quantité non négligeable de cannabis, mais aussi une somme conséquente en dinars, trouvée chez ce marchand qui tenait un commerce assez fréquenté tout au long de l'année universitaire. Assez simplement achalandée, la superette ne payait pas de mine et rien n'indiquait qu'un commerce parallèle s'y tenait. Or justement, sous couvert d'une activité commerciale tout à fait légale, l'homme vendait également du cannabis en cachette. Il suffisait à ses clients de prononcer un nom de code pour pouvoir en acheter. Un commerce lucratif qui lui rapportait gros. Arrêté et mis en détention depuis, il aurait déjà livré le nom de son fournisseur, actuellement recherché par les autorités.

A l'instar des autres gouvernorats, l'Ariana n'est pas épargnée par le fléau de propagation de la vente des drogues et autres substances nocives. Tout récemment, une affaire de crime fratricide secouait la ville et semait la terreur auprès des riverains de la Cité Al Ghazela qui n'en revenaient pas qu'un jeune élève tue sa sœur aînée après l'avoir violée. Le jeune homme aurait agi sous l'influence de substances psychotropes qui lui avaient quasiment ôté tout discernement. Par ailleurs, plusieurs témoignages de lycéens, qui préfèrent tous garder leur anonymat par peur des représailles, attestent de la vente de tous types de drogues dans les alentours de leurs établissements scolaires.

Selon l'étude MedSPAD II, dont les résultats ont été dévoilés en décembre 2017 et ayant porté sur 7400 adolescents âgés entre 15 et 17 ans, sur tout le territoire tunisien, la prévalence de consommation de cannabis chez eux est de l'ordre de 3,8 % et celle de médicaments psychotropes afin de se droguer est de l'ordre de 3%. L'âge d'initiation varie d'une drogue à l’autre mais tourne généralement aux alentours de 15 ans. Des disparités régionales ont également observées puisque la prévalence d'usage de drogues varie entre 11,7% au Grand Tunis et 7,1% au Nord-Ouest. Des chiffres qui pourraient ne pas être alarmants vu leurs proportions si ce n'est qu'une hausse considérable a été observée en comparaison avec les résultats de l'enquête MedSPAD I réalisée en 2013 et surtout l'apparition d'une nouvelle forme d'addiction chez les jeunes, à savoir la cyberaddiction et ce phénomène, s'il n'est pas bien maîtrisé et contrôlé, peut rapidement représenter un réel danger pour eux.

Rym BEN AROUS