La France en chansons… - Le Temps Tunisie
Tunis Mercredi 17 Octobre 2018

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Oct.
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2018

Chronique

La France en chansons…

Vendredi 2 Février 2018
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Aimer ses musiques et ses poèmes, à raison d’ailleurs. Et se cacher pour le faire comme on courtise sa maîtresse en secret pour éviter les embrouilles. Pas d’étalage sur la place publique. Par pudeur ou par calcul, ou les deux à la fois, tout en pistant sa trace dans les rues de Paris. Ravissement et nez au vent. C’est indéniable, le charme opère. Les mots pèsent de tout leurs poids qui parlent de fraternité et de solidarité entre nos deux rives, de soutien indéfectible, d’amitié, d’échange et de partage. De nos valeurs communes notamment, qui fécondent cette altérité que « nourrit » et « irrigue » l’humanité des Hommes en nous. L’universalité comme antidote à tous les enfermements. A toute tentation obscurantiste et rétrograde, qui chercherait à faire basculer la Tunisie, ici en l’occurrence, dans la violence et la terreur que connaissent aujourd’hui hélas, ces fameux pays d’un « printemps arabe » défiguré et trafiqué, lorsqu’elle est bien la seule à parvenir, avec un accouchement au forceps, à remonter la pente même si elle peine à enjamber tous les écueils qui se dressent devant elle mais elle y arrive. Doucement peut-être, mais sûrement. A condition que ses amis soient-là pour l’aider à sortir de l’ornière, en impulsant ce coup de pouce salvateur, et nécessaire, susceptible de changer la donne d’une manière tangible, plutôt que de lui chanter une berceuse sous on balcon. Ça remonte le moral sans agir sur le mal qui la ronge. Il n’est pas incurable. A condition de gagner du temps. Une reconversion totale de la dette de la Tunisie envers la France aurait permis de renverser la vapeur. Fragmentée, avec des petits calculs d’apothicaire, ça la fait moins. Pour autant, dans son discours à l’Assemblée, sur les grandes idées, il ne faut pas être injuste, la jeunesse a assuré. Une certaine idée de la France traîne les pieds mais elle accepte enfin de passer le relais. Elle a la main qui tremble. L’émotion ou le grand âge ?

Samia HARRAR