Entre passé et avenir ! - Le Temps Tunisie
Tunis Jeudi 16 Août 2018

Suivez-nous

Aug.
17
2018

Au 4è Art: «Kouzah» en première

Entre passé et avenir !

Mardi 30 Janvier 2018
نسخة للطباعة

La première de la nouvelle production du Théâtre National Tunisien « Kouzah » ou « Les Enfants Perdus » a eu lieu le vendredi 26 janvier courant et deux autres représentations se sont déroulées également le samedi 27 et le dimanche 28 à la salle 4è Art.

Cette pièce, fruit d’une écriture collective, est mise en scène par Aymen Mejri, assisté par Sélim Ayari. Les rôles sont joués par les acteurs et actrices Hamza Ouertatani, Imen Manaï, Imen Ghazouani, Noureddine Mihoub, Rached Errachdi. La scénographie et la musique sont assurées par Marwen Abouda.

Le résumé de cette pièce nous est fourni dans la synopsis : « Dans un monde, un futur lointain (ou proche, voir même très proche), des gens décident de faire partie des derniers hommes libres de la terre. Des cellules se créent portant un nom « c-en-ciel » et des chiffres. Cinq jeunes hommes et femmes rejoignent la dernière cellule créée (- Par qui ? – Par eux !). Ils ne se connaissent pas mais ils savent qu’ensemble ils vont jouer. La seule règle est qu’ils devront accepter le fantasme d’enfance de l’autre en l’aidant à le réaliser. »

Cinq individus nous plongent dans un monde indéterminé et un temps futur, à telle enseigne qu’on se croirait dans une histoire de science-fiction, sauf que les protagonistes sont plus attachés à leur passé qu’à leur avenir : chacun vit encore des souvenirs d’enfance et du monde ludique qu’il veut partager avec les autres. Leur point commun est d’être des individus libres qui semblent débarrassés de toutes contraintes sociales ou politiques. D’après le dialogue, on comprend que ces gens ne se connaissent pas et qu’ils ne savent pas à qui appartient le lieu où ils se trouvent, à eux ou à quelqu’un d’autres. Malgré tout, ils acceptent de jouer ensemble des jeux enfantins ; tantôt ils s’opposent, tantôt ils s’entendent… on a l’impression que leurs histoires se croisent et parfois se séparent ; mais ils finissent par avoir un but : être libres !

Chacun des acteurs semble tiraillé entre deux mondes différents : le monde des enfants et celui des adultes. Le monde enfantin renvoie aux jeux ludiques qu’ils entreprennent sur scène et le monde des adultes se ressent à travers leur situation actuelle, étant considérés comme des terroristes recherchés par les autorités. C’est cette dualité qui fait surgir aussi bien la complexité que la subtilité du jeu théâtral de chacun des acteurs. Toujours est-il qu’à travers les jeux enfantins, les acteurs veulent s’affranchir des restrictions et des interdictions qu’ils ont subies au sein de leur famille respective et, par là-même, aspirer à la liberté. Implicitement, la pièce semble prôner une nouvelle révolution, ni sociale, ni politique non plus, mais plutôt intellectuelle et culturelle, celle qui repose sur la raison et la conscience.

Hechmi KHALLADI

Mots-clés: