Chronique: Content ou pas content «El Azhar»… - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 20 Mai 2018

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2018

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Chronique: Content ou pas content «El Azhar»…

Dimanche 28 Janvier 2018
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Ce n’est pas qu’on s’en fout, non ; qu’on s’en contrebalance, pas du tout !, qu’on s’en tape un peu : on n’oserait pas. Ce serait crime de lèse « majesté » et d’ailleurs, on en n’est pas là. C’est juste qu’on a, en Tunisie, pour l’heure, bien d’autres chats à fouetter pour avoir le temps de prêter une oreille, même distraite, même inattentive, aux déclarations des fameux « Ulémas » de cette institution égyptienne, qui se permet de faire la pluie et le beau temps en matière de « Charia » islamique comme si elle possédait la science infuse et elle ne la possède pas, se revendiquant comme « directrice de conscience » d’une « Oumma », qui ne lui en demandait pas tant.   

En ses « murs » pourquoi pas, il n’y a pas de souci, chacun est libre de balayer devant sa propre porte, mais au-delà de ses murs, ce serait, comme qui dirait, outrancier et culotté parce que nous avons nos propres exégètes, qui peuvent en ce cas d’espèce, en démontrer à ces « savants » décatis et sentant le moisi, qui refusent de comprendre que l’essence propre du message divin est aux antipodes d’une traduction simplement littérale du texte sacré, qui en réduit le sens et en appauvrit l’universalité en l’évidant comme on évide une huître de sa perle cachée. 

Non, l’institution « El Azhar » n’a pas droit de regard sur la Tunisie et ne l’aura pas. Que ce soit en matière d’égalité entre l’homme et la femme pour ce qui touche à l’héritage, sur le droit de la tunisienne d’épouser un non-musulman si ça lui chante, sur la dot ou sur tout autre sujet débattu dans la sphère publique, elle n’a pas à y rajouter son grain de sel, ni à rajouter de l’eau au moulin puisqu’elle ne sera jamais conviée à la table. Invitée indésirable elle devra rebrousser chemin. Pour les leçons à prodiguer elle repassera…

Samia HARRAR

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