L’UGTT apprécierait le départ du gouverneur de la BCT - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 18 Février 2018

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Jugeant son bilan pas très élogieux

L’UGTT apprécierait le départ du gouverneur de la BCT

Samedi 27 Janvier 2018
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Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie n’en finit pas de se créer des animosités et autres inimitiés. Toutefois, et grâce à un modus vivendi entre Nidaa Tounès et Ennahdha, il continue, imperturbable et indéracinable, à occuper ce poste prestigieux à la tête de la plus haute instance financière du pays, et ce malgré les innombrables revers  relevés par les uns et les autres pour ce qui est  notamment de la dégringolade de la valeur du dinar, du contrôle des transferts d’argent au profit d’associations douteuses, de la chute des réserves en devises…

L’énigme de la longévité de Chédly Ayari à la tête de la BCT étonne plus d’un, en raison des multiples critiques des experts économiques et financiers tunisiens qui voient en son maintien une grave erreur qu’il faut corriger d’urgence. Sa nomination il la doit à l’ancien président provisoire de la République, Mohamed Moncef Marzouki, sous le règne de la Troïka menée par le mouvement islamiste Ennahdha. Depuis, et grâce aussi au soutien des structures législatives, il a bâti une assise solide, pour perdurer et pouvoir terminer son mandat de cinq ans. Une période qui a enregistré plein de déboires côté finances et une faible réactivité à des situations qui pesaient lourd sur l’économie en général et qui auraient pu être résolus sinon atténués un tant soit peu. Ce fut et c’est encore le cas par exemple pour le déficit grandissant de la balance commerciale.

Pourtant des spécialistes en la matière avaient avancé, depuis 2012, au moins cinq raisons pour ne pas le désigner dans ce poste. D’abord son âge avancé qui, estimaient-ils,  constitue un handicap de taille, parce que ce n’est pas à 79 ans qu’on peut maitriser une institution aussi capitale que la BCT, La deuxième raison est que son réseau international n’est pas suffisamment étoffé pour établir des relations fortes avec le FMI et les autres institutions financières internationales et autres bailleurs de fonds. La troisième raison concerne son CV qui ne reflète nullement une compétence en matière financière. Ses courts passages aux ministères du Plan puis à l’Economie dans les années 70 ne suggèrant pas qu’il était un vrai patron autonome. En ce sens qu’il ne faisait qu’exécuter, loyalement, les instructions de son premier ministre.

Il évoque, aussi, en quatrième lieu, le changement de tout le directoire de la BCT au même moment qui se traduira rapidement par un désordre total dans l’institution, d’autant que Chadly Ayari n’est pas connu pour sa rigueur pour rétablir une situation chaotique. Quant à la cinquième raison, elle a été avancée par l’économiste Moez Joudi, qui a estimé que « l’ère Ayari est entachée d’irrégularités. » « Il doit nous donner des précisions sur son éjection de son poste de Président Directeur Général d’une banque basée au Soudan dans les années 80 », a-t-il encore ajouté, soulignant qu’il est préférable de le remplacer « par une compétence plus jeune. »

Le bilan, il faut l’avouer, est négatif, notamment avec la dégringolade du dinar qui ne vaut plus que le tiers de l’euro et des réserves en devises pour 89 jours, un triste record historique. Une situation qui a poussé Noureddine Taboubi, secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), à demander le départ du gouverneur de la BCT. Plus précisément il a affirmé ne pas être opposé à la proposition du remerciement de Chédly Ayari, appelant au renouveau à la tête de cette instance.

Dans une déclaration à la radio Jawhara FM, en marge des travaux du congrès de la Fédération générale du pétrole et des produits chimiques, Taboubi a les autorités compétentes se doivent de changer de gouverneur à la BCT et d’insuffler du sang neuf à même de mieux répondre aux difficultés de l’heure et d’anticiper pour se prémunir contre celles de demain.

F.S.