Nidaa Tounès dans une spirale descendante - Le Temps Tunisie
Tunis Mercredi 15 Août 2018

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2018

Une autodestruction programmée

Nidaa Tounès dans une spirale descendante

Samedi 27 Janvier 2018
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Le mécontentement s’amplifie au sein du parti à moitié au pouvoir, Nidaa Tounès qui, semble avoir tout fait, pour arriver à ce stade ou, en plus des multiples défections et démissions, il est confronté à des critiques qui fusent, en particulier, chez des cadres dirigeants et influents qui contestent entre autres sa gestion.

Nidaa Tounès est  dans la tourmente, surtout avec les revers qu’il a subis, après les élections présidentielles et législatives qui avaient porté Béji Caïd Essebsi, à la présidence de la République  et lui ont donné une majorité satisfaisante à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) lui qui venait juste de voir le jour et sur lequel la majorité des Tunisiens comptaient pour se débarrasser des islamistes qui ne cachaient pas leur diabolique plan d’islamisation du pays conformément à la stratégie et aux directives du mouvement des Frères musulmans basé au Caire.

Nidaa Tounes a donc fait faux bond à ses électeurs, en optant pour une alliance contre-nature, avec le mouvement islamiste, Ennahdha, alors que rien ne peut les réunir tant au niveau du programme politique qu’au au niveau des orientations futures du pays.

Les errements s’étaient poursuivis avec l’arrivée du fils du président, Hafedh Caïd Essebsi, à la tête du parti, multipliant les bavures et les déclarations fracassantes, provoquant ainsi  l’implosion du mouvement et des départs en masse de cadres et de députés pour offrir la majorité à l’ARP au mouvement Ennahdha. Reste que  ce dernier a fait une fleur à son partenaire, en restant, toujours au deuxième plan, avec des visées qui ne sont plus un secret pour personne.

Il s’en est suivi des développements indignes d’un parti au pouvoir, avec des réunions qui n’avaient pas pu se dérouler, des batailles rangées entre clans et, pour finir, la scission et la naissance de nouveaux partis créés par des anciens membres de Nidaa, pour s’installer en tant que partenaires ayant leur mot à dire sur la scène politique, comme c’est le cas avec Mohsen Marzouk et Ridha Belhaj, ou, encore, avec des sympathisants qui auraient pu rejoindre les rangs de Nidaa, notamment Mehdi Jomaa , ancien président du gouvernement.

Aujourd’hui, la situation perdure et la polémique s’est installée, encore une fois, à l’intérieur de Nidaa, comme il est possible de le remarquer avec les déclarations de Zohra Driss, députée du parti, qui a souligné qu’elle était contre le départ de certains dirigeants qui avaient participé à la création et à l’édification du parti, notamment Saïd Aïdi, Mohsen Marzouk, Lazhar Akremi,  Bochra Belhaj Hmida, notamment. Le comble, c’est qu’elle a pointé du doigt les nouvelles recrues de Nidaa qu’elle a accusées d’opportunistes dont les dossiers sont volumineux et qui veulent se protéger, en se cachant derrière le parti.

Les accusations de Zohra Driss, une femme d’affaires très influente dans la région du Sahel vont, certainement, ébranler encore une fois Nidaa Tounès qui a, aujourd’hui, le plus besoin de resserrer ses rangs, en prévision des prochaines élections municipales qui approchent à grands pas et qui risquent de faire regretter au parti ses errements passés, en le réduisant à sa plus simple expression...

Faouzi SNOUSSI