Un pas est vite franchi… - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 20 Mai 2018

Suivez-nous

May.
21
2018

Chronique

Un pas est vite franchi…

Vendredi 26 Janvier 2018
نسخة للطباعة

Ce qui s’est passé à Sidi Ali Ben Aoun (Sidi Bouzid) pourrait se passer ailleurs. Si l’on n’y prenait garde…  Il se trouve qu’il n’y a rien de plus facile que de manipuler un adolescent -embrigader serait plus dans le propos ici en l’occurrence- pour qu’il se transforme en « Daechien » pur jus, et qu’il rejoigne les rangs de l’hydre monstrueuse, en Libye, Syrie ou ailleurs, en se transformant en une bombe humaine, aussi dangereuse pour les autres que pour lui-même, sans coup férir. 

A l’intérieur de  l’enceinte, censée être sacrée, de nos écoles, collèges et lycées, distribuer des tracts, de quelque origine qu’ils soient, pour prôner une idéologie ou une autre, est bien évidemment contraire à l’éthique. Même s’il est risible d’évoquer une quelconque éthique, lorsque les protagonistes qui y sursoient ont fait allégeance à Satan et s’en réclament insolemment, croyant être dans leur bon droit, et agissant en terroristes patentés, font le choix d’une propagande, menée, pernicieusement et secrètement, pour faire tomber leurs victimes. S’ils n’avaient pas échoués dans les filets des forces sécuritaires, Dieu seul sait quels monstrueux dégâts ils auraient pu entraîner, parmi les collégiens et lycéens qu’ils sont allés sonder, en vue de les enrôler dans leurs rangs, pour qu’ils rejoignent cet autre côté du miroir dont il est difficile, voire impossible de revenir. Car une fois leurs mains tâchées de sang, il sera sans doute trop tard pour  avoir des regrets s’il en est, ou pour faire le chemin à rebours pour tenter de sortir du cauchemar. 

Les « takfiristes » quand ils essaiment n’y vont jamais de mainmorte. Et un adolescent, par définition  de par sa fragilité à l’âge de toutes les équivoques, est forcément une proie facile, s’il n’était pas prévenu suffisamment, contre les dangers de tous les extrémismes, peu importent les oripeaux dont ils peuvent se draper, car ils se valent. Et s’avèrent toujours au final extrêmement dangereux. A Sidi Bouzid où la tentation est forte d’instaurer ce fameux « Califat islamique », à la lisière de la frontière avec la Libye, une simple étincelle pourrait mettre le feu aux poudres. Il faut veiller à ce que le loup n’accède jamais à la bergerie, il pourrait y faire des ravages. Si l’on n’ouvrait pas l’œil et le bon…

Samia HARRAR