Voyage au fond du désespoir - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 27 Mai 2018

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May.
28
2018

Projection de presse de «Benzine» de Sarra Abidi

Voyage au fond du désespoir

Vendredi 19 Janvier 2018
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Le premier long-métrage de fiction de la réalisatrice tunisienne Sarra Abidi intitulé : « Benzine » qui a été projeté récemment à l’attention de la presse à l’Institut français de Tunisie, sortira sur nos écrans le 24 janvier. Cette œuvre suit un seul rythme lent et triste épousant par-là même l’atmosphère devenue invivable dans laquelle se sont retrouvés les deux principaux protagonistes. 

 

Inspiré par des faits réels qui ont eu lieu au lendemain de la révolution tunisienne de 2011, ceux du flux de l’émigration clandestine vers l’Europe et particulièrement vers l’Italie d’un grand nombre de jeunes tunisiens fuyant le chômage et l’indifférence, le film ne va pas par quatre chemins pour nous raconter, en plein cœur du sud tunisien et dans un village presque abandonné,  sur fond de vente illicite ou non ? De  carburant sur la route menant vers la Libye, le drame d’un couple qui mène une vie dure et dont le fils a « brûlé » vers l’Italie, à leur grande surprise. Un statu quo tuant rythme le film avec une musique, lente elle aussi qui intervient par intermittence. Entre espoir et désespoir, du fait de l’absence d’indices  pouvant mener vers la vérité sur la disparition du fils, le drame persiste du début à la fin de l’histoire. Cette dernière reste pourtant ouverte sur des lendemains meilleurs ? Inconnus, voire incertains ? Le spectateur aura-il ainsi à imaginer la fin du film sur des notes d’espoir ou de désespoir ? Le père et la mère reviendront-ils de Tunis, seuls, ou accompagnés de leur fils ? Le saint protecteur du village exaucera-t-il les vœux de la mère meurtrie ? La « Baraka » sera à coup sûr là ! Etant donné que la mère a versé l’eau par la fenêtre de la camionnette pour présager le bonheur. Un bonheur qui a pris la poudre d’escampette et que personne n’a pu rattraper ! L’image, signée par feu Ali Ben Abdallah, le directeur photo, ne manque pas d’attrait plongeant le spectateur à l’intérieur du film en mode diurne et nocturne. Les comédiens Sondos Belhassen, Ali Yahiaoui, Fatma Ben Saïdane, Jamel Chandoul et Fethi Boushila,  y jouent avec aisance, portant leur rôle à leur juste valeur. « Benzine » ne plonge pas dans l’hyperréalisme, autant qu’il essaye d’effectuer un voyage dans l’esprit de deux parents désespérés.

Lotfi BEN KHELIFA 

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