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Mémoire du temps présent.. Où sont passés les hommes d’affaires…?

L’UTICA, une organisation de masse marginalisée

Mercredi 17 Janvier 2018
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Par Khaled Guezmir

Décidément,  la morosité frappe de partout et même les hommes d’affaires perdent le moral ! Ils se réunissent  pourtant en Congrès ce jour même, date symbolique du 71ème anniversaire de la Centrale patronale, mais certainement pas dans la ferveur des temps heureux…

En effet,  l’UTICA est l’Organisation de masse la plus  marginalisée depuis la « Révolution ». Laissée pour compte par les pouvoirs publics et  le gouvernement qui semblent avoir fait leur choix stratégique en mettant  tous leurs œufs dans le même panier de l’UGTT, l’UTICA, malgré quelques « coups de gueule » de sa présidente, Mme Wided Bouchamaoui,   n’arrive pas à s’imposer comme force déterminante de l’équilibre socio-économique et politique dans le pays et ce, malgré son volume structurel imposant et sa pesanteur au niveau de la production économique nationale et des services.

On a l’impression que le courant ne passe plus entre  l’UTICA et ses partenaires, y compris le gouvernement de Youssef Chahed, qui semble  ne pas faire grand cas de ses doléances  et du monde économique productif organisé. La diabolisation tous azimuts des hommes d’affaires depuis janvier 2011, y est certainement pour quelque chose

Le secteur informel, pourtant premier ennemi de la centrale patronale est aussi souvent assimilé au « monde des affaires » qu’on pointe du doigt pêle-mêle, comme étant  la source de tous les problèmes de ce pays. D’où l’amalgame et cette facilité déconcertante à accuser les « affairistes » de tout bord d’être  à l’origine de la crise sociale et économique, de l’inflation  et de la cherté de vie, le tout sur fond de pratiques « frauduleuses », des commerçants et des intermédiaires !

La loi de finances 2018 a été la goutte  d’eau qui a fait débordé le vase, parce que au-delà de ses implications financières, plutôt minimes sur le monde productif avec une TVA à la hausse de seulement 1% elle a été perçue comme la « punition » décrétée à la face des promoteurs économiques sous la pression d’autres organisme faite  au gouvernement, y compris la puissante centrale syndicale.

Mme Bouchamaoui  est allée jusqu’à menacer de quitter le « pacte de Carthage, »  avant d’être rassurée par le président de la République,  M. Béji Caïd Essebsi, de son soutien à toutes les composantes  sociales et économiques du pays, y compris les hommes d’affaires.

Malgré cela, on sent que nous vivons un véritable  dépit amoureux pour ne pas dire une mésentente  cordiale entre l’UTICA et ses bases nombreuses, choquées par tant de marginalisation et le gouvernement très sollicité, par la pression sociale des syndicats qui ne lèvent pas le pied depuis sept ans avec une accumulation sérieuse des exigences et la montée vertigineuse des revendications.Sommes-nous à la veille d’un changement  radical du modèle économique  avec la priorité donnée aux secteurs publics et dérivés et un affaiblissement de plus en plus perceptible du secteur privé ?!

La mobilisation excessive de la rue et de certaines régions, poussent à le croire. Mais, là, la Tunisie joue gros. Elle va à l’encontre de l’évolution universelle du monde actif et productif et risque une récession majeure qui  finira par ruiner le pays comme en 1969.

L’idéal  serait de revenir aux équilibres nationaux  qui favorisent  la dynamique de l’investissement  et la croissance avec les procédures de redistribution  équitable de la richesse.

Mais, pour cela, il faut la paix sociale et l’apaisement du monde du travail.

L’UTICA a-t-elle les moyens de faire entendre la voix du monde de la production, avant qu’il ne se désengage de l’effort national de remise à niveau de l’économie tant espéré !?

En terme de volume, oui, mais au niveau de la communication, tout est à revoir, pour redonner la vraie image des hommes d’affaires, sobres, industrieux et patriotes.

Quant au gouvernement, il serait temps de revoir sa stratégie et d’entourer les producteurs de toute  sa sollicitude, car c’est bien eux qui créent la richesse nationale et la croissance sans lesquelles on continuera à distribuer « la pauvreté » à tout vent !

Mettre ses œufs dans un seul panier, c’est tout simplement se condamner à subir  la tutelle de ceux qui activent  la pression sociale constante... jusqu’où… Dieu seul le sait ?!

K.G