Quand “Daesh“ célèbre la révolution ! - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 8 Février 2019

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Apr.
26
2019

A l’avenue Bourguiba

Quand “Daesh“ célèbre la révolution !

Mardi 16 Janvier 2018
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La révolution tunisienne ou la révolution du Jasmin, comme aiment l’appeler nos amis Français, vient de souffler sa septième bougie dimanche dernier. Fêtée de moins en moins, cette date a été l’occasion pour quelques partis politiques et composantes de la société civile de défiler sur l’avenue principale de la capitale, Habib Bourguiba.

Le Front populaire, accompagné par quelques autres acteurs de la scène, a profité de cette date pour renouveler son opposition à la loi de Finances 2018 : après une semaine riche en protestations et en incidents de vandalisme et de violence, le FP n’a pas été empêché par les accusations qui lui ont été portées par le chef du gouvernement, le président de la République ou encore le chef du mouvement islamiste d’Ennahdha et a continué à mener ses protestations contre la hausse des prix.

Si la marche du Front et de quelques autres figures opposantes était totalement normale voire très attendue, celle de très controversé parti Ettahrir était plutôt choquante. Réunis à quelques mètres du ministère de l’Intérieur, les membres d’Ettahrir portaient, fièrement, leurs drapeaux noirs désormais connus comme ceux de l’organisation terroriste Daesh. 

En présence de nombreux jeunes, ces individus ont scandé, durant leur rassemblement, des slogans hostiles à l’Etat, à la démocratie et à la civilité. Réclamant l’instauration du Califat et personne n’a osé déranger ces personnes qui, encore une fois, ont défié l’Etat et tout ce qu’il représente.

Ettahrir qui a été accusé, par l’ancien chef du gouvernement Habib Essid entre autres, d’avoir été derrière de grands incidents de violence – à l’instar de ceux survenus sur l’île de Kerkennah en avril 2016 – continue donc de mener librement ses activités dans une Tunisie fragile et fragilisée.

En août de la même année, le Tribunal de première instance de Tunis avait gelé les activités du parti pendant un mois ; à cette époque, on nous avait expliqué qu’il s’agissait d’une étape-clé dans la procédure légale visant à dissoudre Ettahrir. Quelques semaines plus tard, un responsable du gouvernement avait annoncé, dans une déclaration anonyme accordée à l’AFP, que le parquet militaire avait été saisi afin de faire interdire les activités de ce parti. 

Le 2 février 2017, Mehdi Ben Gharbia, ministre chargé des Relations avec les instances constitutionnelles, la société civile et des droits de l’Homme, avait assuré que le gouvernement demandera la suspension des activités d’Ettahrir si ce dernier continuait à ignorer les dispositions de la loi. Plus tard, le siège central du parti a été saisi par les forces de l’ordre qui ont enlevé une grande affiche portant des slogans pro califat. Depuis, le parti s’était fait un peu plus discret et on n’entendait presque plus parler de lui jusqu’aux événements de la semaine dernière.Alors que plusieurs quartiers de la Tunisie vivaient sous la terreur de la violence, Etahrrir avait publié un communiqué où il a tiré à boulets rouges sur le gouvernement, l’Etat et sa ‘supposée’ indépendance. Dimanche dernier, en profitant de la symbolique de la date, les ‘militants’ d’Ettahrir sont ressortis de leur trou pour envenimer encore plus la situation et tenter de nuire à ce qui reste du prestige de notre Etat.

Salma BOURAOUI

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