Un voyage pour remonter le temps - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 18 Novembre 2018

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Nov.
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2018

Exposition d’Ali Wali à la galerie Hédi Turki

Un voyage pour remonter le temps

Mercredi 10 Janvier 2018
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L’artiste peintre Ali Wali expose actuellement et jusqu’au 15 janvier à la galerie Hédi Turki, à Sidi Bou Saïd. Il y propose un ensemble de tableaux qui remontent le temps pour situer le visiteur entre le dix septième et le vingtième siècle. Un voyage dans la Tunisie des anciennes dynasties, celles allant des Mouradites, aux Husseïnites.

Le peintre réalise ses tableaux représentant des souverains, des gens du peuple, des musiciens et des lieux célèbres de la Médina de Tunis à partir de gravures et de peintures anciennes. Et on ne pourra pas dire que ce peintre est un copiste dans la mesure où des œuvres, parfois connues, ne sont pas reprises à la lettre. Ali Wali les reconçois à sa manière, non pas seulement à la peinture, mais également à l’aquarelle. Il se plait d’autre part, après avoir peint de grands tableaux, à réaliser des miniatures avec de minutieuses précisions et une liberté d’expression à fleur de peau. Le visiteur découvrira l’urbanisme et la vie sociale par exemple aux alentours de Sidi Mehrez en 1860 et en 1865. La touche et le style d’Ali Wali ne sont surtout pas naïfs dans la mesure où elles sont créatrices. Cet artiste repère les plus petits détails pour les mettre en évidence. Ainsi, la Goulette de 1830 et son canal « vénitien », allons-nous dire et disparu en 1967, refait surface. On découvrira autant de lieux, comme le « Café des nattes » à Sidi Bou Saïd, en 1830. Nous redécouvrirons des  personnages, des musiciens de « Stambali » et des paysages du sud de la Tunisie. Dans son exposition, Ali Wali rend un hommage au grand peintre Ammar Farhat à travers des ensembles d’œuvres qui s’inspirent de l’œuvre de l’ancien membre de l’Ecole de Tunis.

Des personnages-clé

L’artiste Ali Wali articule son travail sur les portraits des Beys de Tunis, du moins parmi les plus célèbres. Il tend à les représenter et parfois plus d‘une fois. De Husseïn Ben Ali, fondateur en 1705 de la dynastie husseïnite, à Sadok Bey, signataire du traité du protectorat français en Tunisie le 12 mai 1881, sans omettre le grand vizir Kheïreddine Pacha, à Ahmed Bey 1er, à Moncef Bey « le Bey du peuple », à Husseïn Bey et à Lamine Bey, le dernier souverain husseïnite qui gouverna jusqu’au 25 juillet 1957, jour de la proclamation de la République tunisienne. Un travail de mémoire et une reconstitution des atmosphères d’antan que nous suggère cette exposition. Cette dernière mérite le déplacement.

  Lotfi BEN KHELIFA