Vers une nouvelle grève après les examens semestriels - Le Temps Tunisie
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Enseignants du secondaire

Vers une nouvelle grève après les examens semestriels

Vendredi 5 Janvier 2018
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La réunion de la commission administrative du syndicat général de l’enseignement secondaire prévue le 10 janvier pourrait lancer un nouveau mot d’ordre de grève pour exprimer son rejet des nouvelles mesures fiscales prévues par la loi de finances 2018, défendre l’école publique et réclamer l’activation d’un accord conclu en 2011 avec le ministère sur le classement de la profession en tant que métier pénible.

«La réunion de la commission administrative va évaluer la situation du secteur et prendre les mesures qui s’imposent dans un contexte de blocage de dialogue avec les autorités de tutelle sur les divers dossiers en suspens », a déclaré le secrétaire général adjoint du syndicat général de l’enseignement secondaire, Fakhri Smiti.

«C’est à la commission de fixer les activités revendicatives les plus à même de satisfaire les revendications des enseignants. Toutes les options, dont la grève générale, sont envisageables dans ce cadre », a-t-il ajouté.

Le responsable syndical a également fait savoir que le syndicat rattaché à l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) pourrait  demander de nouvelles augmentations salariales pour rétablir le pouvoir d’achat des enseignants après la récente augmentation des prix de plusieurs produits de consommation courante, l’entrée en vigueur d’un prélèvement sur les salaires au titre de la contribution générale de solidarité destinée à financer les caisses de sécurité sociale et la hausse de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

Les enseignants du secondaire avaient déjà observé une grève générale très suivi le 4 décembre et organisé  un rassemblement de protestation devant l’Assemblée des représentants de peuple (ARP)  le 19 décembre.

D’autre part, les enseignants refusent catégoriquement le relèvement de l’âge du départ à la retraite à 62 ans et à 65 ans pour les salariés qui le souhaitent au regard du caractère pénible de la profession, estimant que cette mesure ferme la porte aux recrutements dans le secteur à l’heure où des milliers de suppléants et de titulaires du certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du second degré (CAPES) attendent toujours leur intégration. Ils s’attachent mordicus dans ce cadre à la mise en œuvre de l’accord conclu en octobre 2011 qui considère la profession des enseignants du secondaire et de base comme un métier pénible.

Le syndicat estime, par ailleurs, que le budget de l’Etat pour l’exercice 2018 comprend des mesures fiscales inéquitables et  prévoit le gel de recrutement dans la fonction publique, ce qui va favoriser la détérioration des conditions de travail dans les établissements éducatifs publics et l’essor du secteur privé.

Sur un autre plan, le syndicat relève  la détérioration des infrastructures dans les établissements éducatifs, l’encombrement dans les classes ainsi que la propagation des phénomènes de la violence et de la délinquance dans le milieu scolaire. Il appelle dans ce cadre à la promulgation d’une loi incriminant les atteintes au corps enseignant et aux salariés exerçant dans les établissements éducatifs.

 Walid KHEFIFI