Après la torpeur, le réveil brutal ! - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 17 Août 2018

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Aug.
17
2018

Hausse des prix des biens de consommation courante

Après la torpeur, le réveil brutal !

Jeudi 4 Janvier 2018
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La hausse des prix des biens de consommation prévue en 2018 sème  la zizanie.  Après l’ivresse du sommeil, le réveil ! Calvaire pour les uns notamment pour le consommateur lambda qui n’a guère suivi les discussions de la loi de finances 2018 et qui taraudé qu’il est par un quotidien de plus en plus pas censé décortiquer les analyses et les paramètres économiques présentés par les différents experts ou économistes. L’on parle du consommateur profane du sujet économique, hanté par le syndrome de la détérioration de son pouvoir d’achat et n’a qu’un seul souci, celui d’arrondir ses fins de mois.  Alors par quoi expliquer l’effarement exprimé par certains hommes politiques et notamment par les députés devant la liste des augmentations entrées en application le 1er janvier 2018.

Le ministère du Commerce et de l’Industrie a prestement réagi hier façon de  calmer les esprits effarouchés en affirmant que les prix des produits subventionnés ne seront pas soumis à une augmentation (Voir communiqué ci-après). 

Les Tunisiens devront ainsi se réjouir que les prix du pain, de la semoule, des pâtes, de l’huile végétale et du sucre, seront inchangés. Sachant que le sucre en vrac et l’huile végétale sont absents de nos étalages et même dans les points de vente traditionnels (épiceries) ces articles sont soumis à la pratique d’achat conditionné.

La pyramide de Maslow et la révision de la pondération des biens de consommation ?

Comme si les habitudes de consommation n’ont pas changé et que la hausse vertigineuse des taxes et droits de douanes prévues dans la LF 2018 n’auront pas d’impact direct sur le prix final des produits et services. Les prix des biens de consommation courante mais qui ne sont pas de « première nécessité »  selon la pyramide de consommation de « Maslow » vont tous exploser en 2018. Or, le panier des biens de consommation et le poids de chaque produit ou service a connu un boulversement radical en Tunisie comme partout dans le monde. N’est-il pas temps pour l’INS de revoir la pondération des  biens de consommation, entre autres communications, transport, santé, enseignement..). A signaler que cette pondération établit le prix moyen des biens de consommation, qui n’est autre que la hausse généralisée des prix de consommation (indice des prix de consommation), autrement dit l’indice mesurant l’inflation. 

L’augmentation vertigineuse d’un point de pourcentage de la TVA (taxe sur la valeur ajoutée) pour passer de 18% à 19 %, de 12% à 13% et de 6% à 7% va accabler de plus le contribuable final le (consommateur) qui aura à payer une TVA de 19% pour la majorité des produits de consommation courante qui ne sont pas nécessairement des produits et services de luxe comme les chocolats, les bonbons, les montres, les produits alcoolisés, les parfums et produits cosmétiques, l’assurance auto….

Par ailleurs, et outre la hausse de la TVA, des droits d’enregistrement, la hausse des droits de douanes aura également un impact direct sur les coûts de  la production, sur les prix de vente industriels et par ricochet sur les prix de vente unitaire.

La Banque centrale de Tunisie prévoit d’ailleurs la poursuite des tensions inflationnistes en 2018. Le taux d’inflation devra atteindre les 6.1%. A vrai dire l’inflation sous-jacente (hors produits administrés ou subventionnées)  atteindre son summum en 2018.

Yosr GUERFEL AKKARI