Quelle offre culturelle à la veille du Nouvel an: Entre théâtre de boulevard et festivals du sud - Le Temps Tunisie
Tunis Jeudi 19 Avril 2018

Suivez-nous

Apr.
20
2018

Quelle

Quelle offre culturelle à la veille du Nouvel an: Entre théâtre de boulevard et festivals du sud

Dimanche 31 Décembre 2017
نسخة للطباعة
Quelle offre culturelle à la veille du Nouvel an: Entre théâtre de boulevard et festivals du sud

Les publics culturel et populaire ont l'embarras du choix en période de fin d'année. De nombreuses manifestations sont proposées avec l'humour et le divertissement en ligne de mire. Une nouvelle donne est aussi constituée par les découvertes culturelles dans le cadre des festivals du sud, à Douz, Kebili et Tozeur. Que choisissent les Tunisiens? Quelles sont les nouvelles tendances? Gros plan sur une palette culturelle entre divertissement et tradition...

Les dernières semaines de l'année et la soirée du 31 décembre ne sont plus ce qu'ils étaient en matière de spectacles culturels et seul l'Orchestre symphonique tunisien s'évertue à maintenir une tradition qui se perd. En effet, ces dernières années, les traditionnelles soirées au Théâtre municipal et dans plusieurs salles de spectacle ont profondément changé de tonalité et brassent de nouveaux publics. Par ailleurs, le cinéma et les grands concerts sont n recul alors que les festivals pour enfants se multiplient aux quatre coins du pays.

 

Divertissements et théâtre populaire en haut de l'affiche

Il est ainsi intéressant d'observer la programmation culturelle de ces dernières journées de l'année, notamment celle du 31 décembre. Il apparaît ainsi que c'est le théâtre de boulevard sous ses formes nouvelles qui domine la scène. En effet, les stand-up et autres one-man-show sont en haut de l'affiche, avec à la clé une bonne dose d'humour populaire. C'est dans cette direction que se tournent les regards du public qui cherche à finir une année en beauté et préférera une soirée avec Lotfi Abdelli ou l'équipe de "Farka saboun" ou celle de "Mamma Mia". C'est très clairement le divertissement qui est recherché comme c'était le cas durant les années antérieures lorsque les spectacles de Lamine Nahdi ou Mongi Ouni comptaient parmi les plus recherchés.

De fait, il existe encore en Tunisie une longue tradition de boulevard avec des formations historiques qui ont laissé leur empreinte à l'instar du Théâtre populaire et de ces nombreuses compagnies qui s'adressaient en priorité au public populaire et en arabe dialectal. Avec les Mohamed Ben Ali, Dalenda Abdou, Zohra Faiza et autres Abdesseleme El Bech, ces troupes ont mené de longues carrières et avaient su mettre les rieurs de leur côté. La tendance perdure aujourd'hui et permet au public de retrouver des spectacles dans le style de ceux qui ont fait la réputation d'un Raouf Ben Yaghlane. Signe qui ne trompe pas, une pièce théâtrale adaptée du célèbre "Dîner de cons" fait actuellement l'actualité sous le titre "El Mdak", avec un vaste succès populaire.

Ainsi, ce qui est recherché en premier lieu, c'est bien l'humour qui, d'ailleurs, peut prendre d'autres couleurs que celles du boulevard. En effet avec "Trente ans déjà" de Taoufik Jebali, le public se trouve face à une autre offre de théâtre et se ressource dans une atmosphère plus intellectuelle mais où domine toujours le rire. Revenant sur la série de "Klem Ellil" et d'autres oeuvres, Jebali fait revivre la tradition du café-théâtre avec une mise en scène minimaliste. On a aussi vu cette fin d'année Raja Farhat revenir sur scène avec des spectacles à tonalité historique qui interpellent mémoire et nostalgie. Il y a dans ces deux versants du théâtre de nombreuses propositions à découvrir.

Toutefois, il est désormais rare qu'une troupe de premier plan donne une première lors des derniers jours de l'année. Dans le temps, la Troupe de la Ville de Tunis avait souvent pris rendez-vous en décembre pour présenter ses nouvelles créations. Ce n'est plus le cas aujourd'hui et, de même, la tradition du théâtre français avec les tournées Karsenty n'est plus dans nos radars. Il y a quelques années, le réveillon était synonyme de théâtre français dans une Bonbonnière toujours pleine à craquer.

 

De la saga "Star Wars" aux festivals du sud: une offre en mouvement

La musique ne se taille pas non plus la part du lion en cette période de fêtes de fin d'année. Hormis l'Orchestre symphonique qui se produira le jour de l'an pour un concert devenu une incontournable tradition, rien à signaler sinon le défilé de starlettes dans les hôtels pour les dîners de gala qui coïncident avec la fin de l'année. Les décennies antérieures, il était habituel de voir arriver une ou plusieurs grosses pointures qui s'installaient au palais des sports pour un ou deux concerts de fin d'année.

Même notre Rachidia organisait son concert de fin d'année et parvenait à cette occasion à ramener un public en or au Théâtre municipal. Il est clair que les deux semaines précédant le Nouvel an étaient des plus festives et brassaient tous les publics. Il était en effet de tradition que les créateurs donnent rendez-vous à leurs publics à cette occasion. Dans cette optique, le cinéma a longtemps eu une place prépondérante dans la programmation des dernières semaines de l'année. Les sorties de films se faisaient à cette occasion et jusqu'à une date récente, il fallait réserver son siège bien à l'avance pour être sûr de trouver une place.

Cette année, le cinéma a été servi surtout par la sortie du dernier opus de la série "Star Wars" et le festival Disney qui s'est tenu au début de décembre. Sinon, la programmation reste dominée par les reprises et quelques films tunisiens qui ont le vent en poupe. Il faut d'ailleurs noter que, de nos jours, la programmation culturelle de décembre est surtout tournée vers les enfants qui se régalent véritablement durant leurs vacances scolaires. Cet hiver, plusieurs festivals étaient organisés un peu partout en Tunisie et ont mobilisé ce public précis.

Il convient de le noter: le mois de décembre est aussi devenu l'occasion pour le public de découvrir les cultures du sud tunisien. En effet, le tourisme intérieur est une donnée relativement nouvelle qui draine des publics conséquents vers les festivals de Douz, Kebili et Tozeur. De même, un réveillon dans le sud profond, en plein désert est aussi devenu un must pour beaucoup de jeunes.

C'est dire combien l'offre culturelle globale a évolué ces dernières décennies, avec désormais des publics nouveaux à la recherche de sensations nouvelles et d'oeuvres marquées par l'humour et le divertissement.

Hatem BOURIAL

Mots-clés: