"Nous réclamons des améliorations de nos conditions d'exercice" - Le Temps Tunisie
Tunis Mardi 17 Juillet 2018

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2018

Khaled Tanazfti, Président du STMDLP :

"Nous réclamons des améliorations de nos conditions d'exercice"

Mardi 26 Décembre 2017
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Les négociations entre le Syndicat Tunisien des Médecins Dentistes de Libre Pratique (STMDLP) et la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) sont importantes parce qu'elles s'ouvrent dans un contexte de fortes attentes. Les praticiens réclament, d'abord, des améliorations de leurs conditions d'exercice. Les patients, aussi, ont des attentes: améliorer l'accès aux soins et la qualité de leur prise en charge. Les explications de   Khaled Tanazfti, Président du Syndicat .

 Tout d'abord, pourquoi le Syndicat Tunisien des Médecins Dentistes de Libre Pratique  voudrait quitter la CNAM?

 Notre syndicat a décidé de ne pas renouveler sa convention sectorielle avec la CNAM  à partir  du  06 février 2018 et de mettre fin à sa relation contractuelle en vertu des articles 82 et 83 de la convention sectorielle signée entre les deux parties et ce, en raison du non respect de la CNAM de la mise à jour de la convention et son refus de lever le plafond de la couverture médicale de ses affiliés. Cette convention  n’a pas réussi à encourager les malades à s’orienter vers le secteur privé. Les patients se retrouvent contraints de s’adresser au secteur public de la santé car le montant du plafond annuel des prestations de soins médicales dont les soins et les prothèses dentaires, est fixé par la CNAM entre 200 et 400 Dinars pour toute la famille sans révision depuis 2006. Une correspondance a été adressée à la CNAM dans les délais légaux afin de l’informer de l’intention de suspendre cette convention sectorielle si jamais aucune solution ne sera trouvée.

 Vous contestez le plafond de la couverture médicale?

Ce qui compte pour nous, c'est le patient qui se trouve lésé  vu que le plafond de la couverture médicale des affiliés n’a pas été élevé depuis plusieurs années, à raison de 200 dinars pour le chef de famille et 50 dinars seulement pour chaque membre de la famille. Le traitement d'une dent infectée coûte 102 dinars. Deux dents valent 204 dinars sans oublier les médicaments. Avec  deux cents dinars, le patient n'a plus les moyens de se faire soigner.  Il n'aura plus la possibilité  de se faire soigner chez un autre médecin. C'est pourquoi nous demandons  à la CNAM de réviser ce plafond à la hausse soit 400 dinars par patient. Pour la prothèse, le plafond est fixé à 200 dinars. C'est insuffisant alors que pour les autres filières médicales, cette somme est sans limite. La santé de la cavité buccale est importante pour le corps humain. C'est pourquoi un montant alloué à la médecine dentaire est nécessaire  pour assurer une bonne couverture des affiliés. Nous demandons que la prothèse dentaire soit intégrée dans la prothèse médicale et non pas dans le plafond des soins dentaires

 Votre syndicat n'est pas également  satisfait du taux de remboursement?

Le taux de remboursement des frais pour cette spécialité ne dépasse pas 50% contrairement à d’autres disciplines où le patient est remboursé à hauteur de 80%. Nous avons demandé  à la CNAM de rembourser entièrement, soit 100% des dépenses de soins dispensés aux enfants âgés  jusqu'à 15 ans et ce, pour renforcer le côté préventif et réduire les frais de traitement à l’âge adulte sauf que la caisse n’a pas répondu à cette demande

 Vous exigez  une hausse de vos  tarifs?

Nos  charges sont devenues énormes. Aussi  avons-nous  appelé à appliquer l'article 2 de l'additif de la convention sectorielle qui stipule la mise à jour des honoraires en fonction du SMIG et du taux d'inflation vu que les prix des médicaments et des produits importés utilisés ont connu une hausse surtout après la dévaluation du dinar . Cette inflation a alourdi nos charges.

 Finalement quel est votre   appel à la CNAM?

Nous  sommes conscients que la CNAM est un acquis pour le citoyen. Nous la défendons et nous resterons à sa disposition  pour trouver des solutions à tous ces problèmes malgré l’absence de réactions de sa part et du ministère des Affaires sociales aux multiples correspondances.

Kamel Bouaouina