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Foudroyé ? Plutôt assassiné!: Akid est toujours dans le cœur des Tunisiens

Dimanche 24 Décembre 2017
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Foudroyé ? Plutôt assassiné!: Akid est toujours dans le cœur des Tunisiens

L’émission T.V hebdomadaire de Hamza Belloum (Ma Lam Yokal), (Ce qui n’a pas été dit) a ravivé la douleur ressentie il y a presque 40 ans,  par tous les Tunisiens, suite au décès de Mohamed Ali Akid, à l’âge de 30 ans.

En effet,  l’ex-sociétaire de Nadi El Nasr,  après une brillante carrière au CSS, a trouvé la mort à Ryad, la capitale saoudienne ,le 12 avril 1979. Il venait tout juste de terminer la séance  d’entraînement sous la férule de l’entraîneur Ammar Nahali.

Depuis lors, sa mort subite a suscité  mille interprétations. 

La version officielle annoncée depuis Ryad et confirmée jusqu’à nos jours, par Ammar Nahali, son entraîneur, en direct, à travers ladite émission, s’est obstinée dans la thèse  d’une mort causée par une foudre !

Donc, il a fallu attendre quatre décades pour que la vérité  éclate. Cette vérité a vu le jour, grâce aux bienfaits de la révolution du 14 janvier et la chute de l’ancien régime.

Aussi bien sous l’ère Bourguiba ou celui de son successeur, la tombe de Akid, a été rigoureusement gardée par des agents pour que personne ne s’y approche.

C’est dire qu’il y avait bel et bien anguille sous roche. Finalement,  le médecin légiste a signalé dans son rapport, l’existence de deux ou troisballes.

 Ceci signifie, clairement que le regretté Mohamed Ali Akid a été assassiné !

Or, la question qui se pose : Pourquoi a-t-on gardé le silence, 40 ans durant ? 

Pourtant, il s’agissait d’un crime dont la victime est un ressortissant tunisien, une personnalité sportive de surcroît et l’un des artisans de la 1ère qualification de la Tunisie, à une phase finale du Mondial (édition de 78 en Argentine). 

Notre ambassade à Ryad, notre ministre des Affaires étrangères et les autorités tunisiennes au plus haut niveau,  à l’époque,  en savaient sûrement quelque chose. 

Seulement, ils ont observé un mutisme qui ne diffère guère d’une complicité, dans la mesure où on a même interdit à la famille du regretté d’ouvrir le cercueil au moment de l’enterrement. 

Cet acte d’assassinat crapuleux et odieux fut-il,  commis sur un joueur-guerrier ayant défendu le drapeau tunisien, dans les manifestations sportives mondiales, signifie aisément le déficit de notre pouvoir politique  à cette époque là, qui était incapable de défendre ses ressortissants et de préserver leur dignité. 

Au-delà des mobiles de cet assassinat, il est évident que  l’irréparable  ne pourra  jamais être réparé et que ses deux  enfants ont été forcés,-par le destin-  à subsister dans l’orphelinat.

 C’est dur, très dur d’accepter une telle injustice, aiguisée par l’indifférence totale du pouvoir politique, d’alors,  pour des raisons d’intérêts, sans nul doute.

 Le comble, c’est que l’entraîneur Ammar Nahali persiste à dire, que Akid a été foudroyé et qu’il l’a transporté, lui même à l’hôpital de Ryad ! Bizarre ! 

On ne sait pas de quoi M. Nahali (âgé de plus de 80 ans), a-t-il peur, pour dénoncer, ouvertement, ce qui s’est passé ?! 

Même s’il le fait aujourd’hui, ce serait trop tard ! Bien sûr, il y a une justice à laquelle personne ne pourra échapper au châtiment. C’est celle de Dieu.

 Quant au regretté Akid, il est toujours vivant dans nos cœurs. Les Tunisiens  ne l’oublieront jamais. Qu’il repose en paix dans sa tombe !

Avant de terminer, il faut se demander si on a le courage, aujourd’hui, d’ouvrir ce dossier, à nouveau, pour exiger  des dommages à la famille Akid, d’abord, et d’adresser le pardon, ensuite, à toute une nation. 

Un Tunisien agressé hors de nos frontières est une agression envers tous les Tunisiens.

La dignité à laquelle les Tunisiens se sont attachés comme un stimulus inébranlable pour chasser l’ancien régime, ne doit pas être, un simple slogan, mais perceptible par des actes et des prises de position ! La dignité, avant le pain, n’est-ce pas ?

Raouf CHAOUACHI

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