Le parti exemplaire se rebelle ! - Le Temps Tunisie
Tunis Mercredi 17 Octobre 2018

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Oct.
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2018

Afek Tounes se déchire et se décompose

Le parti exemplaire se rebelle !

Samedi 23 Décembre 2017
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Certains vous diront que c’est juste un parti élitiste alors que d’autres vous expliqueront que son libéralisme assumé et prononcé le condamnera toujours à rester dans une certaine zone de confort qui lui garantira, sur le moyen et long termes, des voix assez suffisantes pour surfer toujours sur la quatrième ou la cinquième position. Toutefois, Afek Tounes n’a jamais caché ses ambitions pour s’élargir et mieux s’enraciner sur la scène politique.

Dès le lendemain des législatives de 2014, le parti a choisi de jouer franc jeu en participant à tous les gouvernements d’après les élections ; une participation stratégique d’après ses dirigeants  qui, avant de commencer à se chamailler, étaient plutôt dans une ligne politique consolidatrice des efforts gouvernementaux et faisaient beaucoup d’efforts afin de maintenir leur rôle d’éléments modérateurs et modérés.

Tout a basculé pour Afek Tounes à la  fin de la semaine dernière lorsque son Congrès national a voté pour la sortie du gouvernement d’union nationale et pour le retrait de l’accord de Carthage signé l’été 2017. Contestée, cette décision a tout-de-même été respectée par les quatre ministres et Secrétaires d’Etat concernés. Ainsi, Riadh Mouakher, Hichem Ben Ahmed, Faouzi Abderrahmane et Abdelkoddous Saâdaoui ont déposé, lundi, leur démission auprès du président  du gouvernement. Coup de théâtre, Youssef Chahed rejette les demandes en question et réussit d’une pierre deux coups ; tout en gardant son équipe intacte, Chahed provoque un raz de marrée chez Afek Tounes.

Commencent alors les soucis pour Yassine Brahim qui se retrouve dans de beaux draps. En effet, les quatre éléments gouvernementaux d’Afek ont été suivis par d’autres dirigeants phares du parti dont une bonne partie des députés de son bloc parlementaire. Au total, neuf dirigeants d’Afek se retrouvent aujourd’hui sur le point de plier bagages. Appelés à la démission par Yassine Brahim – qui menace de les écarter du parti d’ici aujourd’hui – les intéressés ont préféré, pour le moment, ne plus accorder de déclarations médiatiques en attendant de voir l’évolution de leur dossier. Toutefois, nous avons appris que le président d’Afek Tounes n’a pas pris le soin de faire valider le règlement intérieur de son parti (voté lors du dernier congrès) auprès du ministère chargé des Relations avec les instances constitutionnelles et la société civile et des droits de l’Homme. Un ministère occupé par l’un des pires ennemis de Yassine Brahim, Mehdi Ben Gharbia.

De ce fait, un éventuel licenciement des dirigeants en question pourrait devenir illégal et Brahim se retrouvera dans une situation encore plus compliquée où il aura à gérer non seulement des problèmes d’ordre légal mais, en plus, il devra trouver les bons arguments pour convaincre les militants du parti du bon sens de toute sa manœuvre.

Nous avons par ailleurs appris que le bureau politique d’Afek Tounes s’est finalement rétracté dans sa volonté de se retirer de l’accord de Carthage. Alors qu’un communiqué, dans ce sens, a été publié dans la soirée du mercredi, des sources internes d’Afek nous ont assurés que le même bureau a émis un autre communiqué interne où il a porté de sérieuses menaces quant au revirement qu’il a qualifié de dangereux de toute la situation.

Il est aujourd’hui peut-être un peu trop tard pour Yassine Brahim de revenir sur ses décisions puisqu’il risque gros dans cette histoire ; sa crédibilité en tant que président du parti pourrait même être contestée puisque, rappelons-le, sa dernière élection s’est faite dans une ambiance assez tendue où il a été accusé d’avoir mené quelques manœuvres douteuses pour y arriver.

Salma BOURAOUI