La scène politique plus perturbée que jamais - Le Temps Tunisie
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2018

Ennahdha appelle à privilégier l’union nationale

La scène politique plus perturbée que jamais

Jeudi 21 Décembre 2017
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Les récents événements – l’élection de Yassine Ayari aux législatives partielles tenues en Allemagne et la sortie prématurée d’Afek Tounes du Pacte de Carthage et du gouvernement d’union nationale – ont amené les dirigeants du mouvement Ennahdha à se réunir, mardi dernier, avec leur chef, Rached Ghannouchi.

A l’issue de la tenue donc du bureau exécutif, Ennahdha a appelé tous les acteurs de la scène politique à privilégier l’union nationale ; cette même union à laquelle avait appelé, le 2 juin 2016, le président de la République, Béji Caïd Essebsi. A partir de cette date, tout le concept du pouvoir en Tunisie a viré vers un consensus sacré entre les deux grands partis (Ennahdha et Nidaa Tounes). Les résultats des élections législatives partielles de l’Allemagne sont venus inverser toutes les données et Nidaa Tounes a commencé, selon ses dirigeants, à considérer sérieusement la révision de ses relations avec le mouvement islamiste.  Alors que les observateurs s’attendaient à une réponse virulente de la part de Ghannouchi, ce dernier s’est contenté d’appeler au calme et à la maîtrise de soi. Une position confirmée par le porte-parole du mouvement islamiste, Imed Khemiri, qui, lors d’une déclaration radiophonique, a expliqué que les rumeurs qui disent qu’Ennahdha a trahi Nidaa Tounes en votant au profit de Yassine Ayari au lieu du candidat consensuel ne sont en fait qu’une tentative de certaines parties politiques de nuire à la cohabitation entre les deux mouvements. Selon Khemiri, l’alliance entre Nidaa et Ennahdha a apporté plusieurs acquis au pays qui n’auraient jamais pu être réalisés sans cette alliance. Ces parties malveillantes chercheraient à relancer le conflit identitaire entre les deux entités, un conflit toujours inexistant dans l’imaginaire tunisien.

Un déni prononcé de la part d’Ennahdha ? Pas aussi sûr que cela. Le mouvement donne plutôt l’impression d’être dans une stratégie où il préfère baisser la tête et les épaules en attendant que la tempête passe. Une tempête du côté de Nidaa Tounes où la haute direction est convaincue par la trahison d’Ennahdha. Toutefois, et avec toute l’influence du mouvement islamiste au sein de Nidaa Tounes, il se pourrait bien que ses dirigeants puissent absorber la colère de Hafedh Caïd Essebsi et son clan en les convaincant de revenir au sein du doux consensus protégeant les intérêts de tous. L’attention peut en effet vite être attirée vers le très attendu retour de l’Union patriotique libre (UPL) et les prochains mois de gloire attendus de la part des deux composantes. Cependant, l’officialisation de la date du 6 mai 2018 pour la tenue des élections municipales met Nidaa Tounes devant le fait accompli ; le mouvement a compris le message et les impacts de son alliance trop collante avec Ennahdha sont devenus une évidence. Les jours à venir s’annoncent sombres pour la scène partisane et cela finira certainement par déstabiliser toute la scène aussi bien du côté de la Kasbah, du Bardo mais aussi de Carthage.

Salma BOURAOUI

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