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JTC/ «Layali Bougaroun»: Les maux du quotidien en clins d’œil

Dimanche 17 Décembre 2017
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JTC/ «Layali Bougaroun»: Les maux du quotidien en clins d’œil

La nouvelle pièce « Layali Bougaroun » écrite et mise en scène par Noureddine Ouerghi a été présentée récemment au « Quatrième Art » dans le cadre des Journées théâtrales de Carthage et dans la section « Itinéraires du théâtre tunisien. » Une tragie-comédie d’une heure qui se passe dans un seul lieu devant un immeuble. 

Cette pièce se passe dans la nuit et suit un rythme lent sous une lumière tamisée. Les deux personnages principaux sont sur une scène où ne figurent de part et d’autre qu’une moto et un banc public. Ces deux amis attendent impatiemment l’apparition de leur « proie », un intellectuel révolutionnaire pour lui tirer dessus. On se met à l’évidence qu’il y a une allusion aux assassinats politiques post-révolution commis par des tueurs à gage. Ce lieu est également fréquenté par des personnages hors du commun qui bossent essentiellement la nuit. Ils viennent en plus déranger la « quiétude » des assassins. Ces personnages sont un artiste, joueur de Mézoued, en l’occurence  ayant bu à la lie et qui joue « Ala baladi ilmahboub » d’Oum Kalthoum en  prétendant qu‘il s’agit de l’une de ses compositions ! Il s’agit égelement d’une fille de joie éprise par la poésie d’Imrou Al Kais et qui défend sa liberté d’être et d’être une femme à cor et à cri. Un autre personnage est l’employé municipal qui ramasse les ordures ménagères, non sans allusion aux réalités du quotidien et d’une ancienne maîtresse d’école qui n’en a plus l’air et qui doit fumer trois cigarettes successives pour être bien dans sa tête. Son fils est, en effet, mort sous la torture et cela l’a rendue tourmentée. Ces personnages  déchirés par tant de divergences sociales, intellectuelles et idéologiques sont loufoques à souhait Ils sont interprétés par Abderrahmane Radhouane, Mouhadheb Remili, Mohamed Taoufik Khalfaoui, Hajer Ghars et Néjia Ouerghi. Et que vient faire le « Bougaroun », la fleur de coquelicot dans une pièce qui se passe en ville ?

La force des mots

 L’auteur et metteur en scène Noureddine Ouerghi reste fidèle à son théâtre de la terre qui s’attache aux tréfonds de la Tunisie profonde. Le chant populaire, dit ou chanté y est constamment présent. Il rythme la pièce. Cela se passe en live et en off, avec écho, en prime. Le théâtre de Noureddine Ouerghi et consorts s’articule sur les mots. La parole ne fait pas de détour pour atteindre son but, pour dire la vérité en clins d’oeil, en racontant la réalité sous une forme théâtralisée. La fin est tragique et inattendue. L’atmosphère de la pièce « Bougaroun » rappelle celle du film musical américain : « West Side Story », de Robert Wise et Tim Robbins, adapté de la comédie musicale d’Arthur Laurents, Stephen Sondheim et Leonard Bernstein inspirée de la tragédie « Roméo et Juliette » de Shakespeare là où l’histoire se passe extra muros dans un bas quartier de New York où deux bandes de jeunes s’affrontent avec des clans qui font la guerre.

                                                                           Lotfi BEN KHELIFA  

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