Menaces sur "Jazz à Carthage": SOS, festival en danger! - Le Temps Tunisie
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Jazz à Carthage

Menaces sur "Jazz à Carthage": SOS, festival en danger!

Dimanche 17 Décembre 2017
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Une solution doit être trouvée pour sortir "Jazz à Carthage" de l'ornière. Ce festival plébiscité par le public et dont le rayonnement international est avéré se débat dans les difficultés à cause d'un sponsoring encore insuffisant. Que faire pour pérenniser cette manifestation, seul pôle pour le jazz international dans le Grand Tunis?

Les difficultés se confirment et s'alourdissent pour "Jazz à Carthage", le dernier festival de jazz à représenter ce style musical dans la région de Tunis. Fondé par Mourad Mathari il y a plus d'une décennie, ce festival a connu des écueils grandissants depuis le retrait de son sponsor historique et principal soutien.

 

Plusieurs options pour sauver le festival

Ce retrait intervenu l'an dernier avait plongé "Jazz à Carthage" dans un cycle aléatoire et n'eût été le courage de Mathari et le soutien du ministère des Affaires culturelles, la manifestation aurait pu s'arrêter brutalement. Depuis, les nuages ne se sont pas complètement dissipés. En 2017, avec des moyens limités à leur plus simple expression, "Jazz à Carthage" avait accouché d'une session magique grâce au soutien sans faille d'un public en or qui avait massivement suivi les concerts. En 2018, les mêmes questions de survie seront à l'ordre du jour pour cette manifestation qui constitue tout de même une belle vitrine pour la Tunisie.

Quelles sont les solutions qui s'offrent à "Jazz à Carthage"? En premier lieu, il serait possible de renforcer les liens avec les nouveaux sponsors de la manifestation afin que l'un d'entre eux rehausse le volume de sa participation et émerge en tant que soutien structurel du festival. En second lieu, le festival pourrait réduire le nombre de ses soirées ou alors renoncer au format de deux artistes pour chaque soirée. Cela réduirait les coûts mais changerait profondément l'identité de la manifestation. Une autre possibilité serait que le festival fasse appel à son public en engageant une opération de "crowd funding" voire une souscription anticipée pour les spectacles à venir. Cette démarche serait des plus aléatoires mais doit être envisagée comme une vue théorique mais aussi comme une manière de mobiliser le public du festival.

 

L'appui du ministère des Affaires culturelles serait essentiel

Au-delà de ces possibilités, les soutiens institutionnels demeurent essentiels. Dans cette optique, l'appui du ministère des Affaires culturelles serait essentiel. Seulement, le MAC reste relativement réticent et envisagerait de ne soutenir qu'une voire deux soirées du festival alors que les besoins sont bien plus conséquents. Un effort est à faire au niveau de cette instance car l'appui à "Jazz à Carthage" signifie aussi sauver une manifestation en péril. En effet, l'issue se trouve bel et bien dans un appui du ministère dans la mesure aussi que ce département ne saurait laisser s'effondrer un festival de cette envergure. Une démarche à retenir pourrait être celle d'un appui sur deux années, le temps que le festival se redresse et retrouve un sponsor stratégique.

Le ministère du Tourisme est une autre option qui pourrait être envisagée pour compléter l'apport insuffisant du ministère des Affaires culturelles. En ce sens, "Jazz à Carthage" mérite amplement d'être soutenu surtout que ce festival contribue à animer avec des artistes de premier plan la région des Côtes de Carthage. De plus, le rayonnement médiatique du festival contribue à mettre en valeur une Tunisie apaisée, ouverte et moderne qui s'active pour retrouver ses flux touristiques antérieurs. Dans son domaine, "Jazz à Carthage" est une manifestation unique et pourrait constituer un superbe produit d'appel en termes d'image.

 

Les incertitudes se multiplient

Une autre option pourrait être explorée par l'équipe de "Jazz à Carthage". Elle consisterait à dénicher des jumelages avec des festivals de jazz en Europe voire trouver des appuis sur ce continent pour poursuivre l'aventure. Il s'agit, il est vrai d'une autre vue théorique mais elle pourrait contribuer à établir de nouveaux relais pour le festival et lui permettre de négocier les écueils qui le menacent actuellement.

Bouteille à l'encre pour ce festival qui, traditionnellement, se tient au mois d'avril et qui devrait incessamment nouer ses contacts pour la prochaine session. Devant toutes ces incertitudes, les organisateurs jetteront-ils l'éponge ou bien une solution réaliste et efficace est-elle en voie d'être identifiée? Nous devrions le savoir dans les toutes prochaines semaines.

Hatem BOURIAL