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2018

Journée «école morte» dans les établissements scolaires français

Haro sur la hausse des frais et la baisse de la qualité

Mercredi 6 Décembre 2017
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Tous les établissements scolaires français en Tunisie ont pris part à une journée «école morte» pour exprimer le refus des élèves, de leurs parents et du corps enseignant des coupes budgétaires et suppressions de postes annoncées au sein de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE). Ce mouvement de protestation a été bien suivi, selon l’Association des parents d’élèves des établissements français en Tunisie (APEESFT).

Le budget alloué à l'AEFE sera en effet réduit de 33 millions d'euros en 2018, soit le plan d’économie le plus drastique connu par l’établissement public en 27 ans d’existence.

Conséquence : les frais de scolarité devraient augmenter de 9% au lieu de 6%, et des postes d'enseignants détachés seront supprimés, entraînant le recrutement d'enseignants locaux "sans formation préalable". L’Association des parents d’élèves s’inquiète ainsi de la future hausse des de frais de scolarité et d’une baisse de la qualité de l’enseignement.

Lundi, une manifestation "Touche pas à mon prof ni à mon éducation" a été organisée par les élèves du lycée Pierre Mendès-France qui ont arboré à cette occasion des brassards rouges.

La journée "école morte" intervient une semaine après la grève des enseignants exerçant dans les écoles françaises en Tunisie qui ont, eux aussi, contesté les coupes budgétaires et la suppression de postes d’enseignants. 

L’Association des parents d’élèves des établissements français en Tunisie avait tenue le 28 novembre dernier une Assemblée générale extraordinaire au Lycée Gustave Flaubert de La Marsa. Lors de cette Assemblée générale, l’APEESFT a exprimé son refus de l’augmentation des frais de scolarité pour l’année prochaine (hausse des frais de première inscription de 2300 à 5000  dinars tunisiens pour les Français et les Tunisiens et de 3200 à 7000 DT pour les étrangers) ainsi que son opposition à la transformation systématique des postes d’enseignants résidents et enseignants recrutés localement.

L’APEESFT  a également appelé à trouver des solutions durables et à long terme  qui devraient être la résultante d’une stratégie et d’une vision basées sur une réflexion approfondie et pas uniquement financière, notant que l'AEFE, outil majeur de la diplomatie d'influence de la France, est aujourd'hui financée essentiellement par les familles. L’Association a, par ailleurs, promis d’autres actions de protestation et journées de mobilisation.

Le réseau français en Tunisie compte 9 établissements scolaires français, en gestion directe de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger, homologués par le ministère de l'Éducation nationale et qui dispensent un enseignement conforme aux programmes français, de la moyenne section de maternelle à la terminale. Il s’agit, entre autres, du Lycée et collège Pierre Mendès-France à Tunis (de la 6e à la terminale) ; de l’École Robert-Desnos à Tunis (de la moyenne section au CM2)  et du Lycée et collège Gustave-Flaubert à La Marsa (de la 6e à la terminale).

Le réseau regroupe aussi 3 établissements tunisiens partenaires. Il s’agit d’établissements homologués par le ministère de l'Éducation nationale et dispensant un enseignement conforme aux programmes français (l’École internationale de Carthage le groupe scolaire René-Descartes à Tunis et le  Lycée Louis-Pasteur, de la Fondation Bouebdelli, à Tunis)  ainsi qu’un établissement non homologués associé, en l’occurrence l’École internationale de Tunis.

Selon les dernières statistiques disponibles, les établissements scolaires français en Tunisie comptaient 5653 élèves inscrits à la rentrée 2016-2017. 

Walid KHEFIFI