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Mémoire du temps présent: Nous et le carnage de Bir-Al-Abed en Egypte.. L’islamisme politique doit se remettre en question !

Dimanche 26 Novembre 2017
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Mémoire du temps présent: Nous et le carnage de Bir-Al-Abed en Egypte.. L’islamisme politique doit se remettre en question !

Par Khaled Guezmir

Le carnage de Bir-Al-Abed en Egypte, avec plus de 235 morts et 120 blessés ne peut nous laisser indifférents et pose au-delà de cette tragédie planétaire, une question fondamentale, à savoir l’Islam peut-il survivre en tant que tel, alors que le terrorisme sanguinaire et primaire s’en est approprié l’identité ?

On a beau dire, que le terrorisme n’a pas de pays ni de religion, pour apaiser le monde mais, pourquoi seuls des soi-disant « musulmans » tuent d’autres Musulmans et non-Musulmans pour gagner  le «paradis» promis par l’Islam à ses adeptes !

On a beau dire que ce ne sont pas les mêmes adeptes et que ces monstres n’ont rien à voir avec l’Islam, mais ça ne convainc plus personne de par le monde ! Alors, le moment est-il arrivé où l’on doit faire le ménage véritable et décréter universellement la dissolution de tut ce qui est en rapport avec «l’islamisme politique» parce que différencier les «tolérants-démocrates» et «modérés» des radicaux de Daëch ou Al Qaïda, n’est que pur mirage trompeur.

Tout devrait commencer par une remise en question de l’idéologie porteuse de cette mécanique du lavage des cerveaux  à l’échelle industrielle et planétaire, véhiculée par des prédicateurs des ténèbres qui ont pris possession de l’espace religieux «musulman»  dans le monde. L’Union internationale des savants (ou ulémas) musulmans qui vient d’être dénoncée et classée « organisation terroriste»  par l’Arabie Saoudite et ses alliés au Moyen-Orient, compte plus de 100.000 membres à travers le monde avec des structures de propagande bien  implantées y compris à Tunis même au cœur du centre-ville. Or, cette «organisation» était perçue jusque-là comme plutôt «modérée» par rapport  aux Léviathans monstrueux d’El Qaïda et de Daësh.

Au fait, qui l’a intronisé… qui l’a financé et que fait-elle au juste !?  C’est l’opacité totale et c’est là où «l’islamisme politique» nage comme un poisson en eaux troubles entre «l’éducatif» et le jihadisme violent. Le cheikh Karadhaoui n’a-t-il pas demandé un jour, l’assassinat de Kadhafi et d’autres chefs d’Etat «mécréants» musulmans !

Les discours et les vidéos sont là pour dire sans aucune équivoque,  que la navigation entre l’éducatif et le terrorisme n’est séparée que par le vide imaginaire de tous les naïfs de la terre et en premier lieu les musulmans eux-mêmes !

A ce jour, tous les terroristes les plus sanguinaires sont passés de la formation « soft » du salafisme urbain dans les mosquées à l’apprentissage des armes de la terreur dans  les camps paramilitaires du monde entier. Ça va de l’Afghanistan, de Tora-Bora, aux petits appartements de Paris, Bruxelles, ou Nice… jusqu’au Bardo et la belle plage de Sousse.

Or, l’acte terroriste n’est finalement que l’aboutissement d’un processus qui va de «l’éducation-salafiste» dans les mosquées, à l’intégration dans des structures partisanes clandestines et secrètes de l’islamisme politique (dit radical…) pour se cristalliser enfin dans ces unités escadrons de la mort comme celles explosées au Sinaï avant-hier.

La Tunisie qui a choisi une voie très difficile avec un pari sur l’évolution de l’islamisme politique représenté depuis plus de 40 ans par le MTI puis Ennahdha, vers un Islam… dit «démocratique» peut-elle ramer seule et à contre-courant de l’évolution planétaire !

Très difficile à pronostiquer, car les doutes forts persistant, dans l’attitude et les déclarations plus que hésitantes et parfois perverses de pans entiers de la nomenclature islamiste «politique» en Tunisie.

Quand un certain Abdelfattah Mourou, classé «colombe… des colombes» d’Ennahdha,  avocat de son état et vice-président de l’ARP (excusez du peu), se permet le luxe de traiter «Bourguiba» de «dictateur» au micro d’un journaliste marocain, on ne peut faire confiance à cette démarche certainement conjoncturelle et tacticienne de l’islamisme politique «démocratique et civil», en Tunisie.

Bourguiba n’est pas aimé par ces islamistes, ça on le sait, mais … pourquoi ?! Eh bien, facile à comprendre : Bourguiba est l’ami de l’Occident chrétien, et des Juifs du monde entier, dont son ami Pierre Mendes-France, ancien président du Conseil des ministres de France. 

Bourguiba est ami de l’Amérique et de John Kennedy. Bourguiba est le libérateur «number one» de la femme tunisienne… Bourguiba est le plus grand réformateur musulman du 20ème siècle et les innombrables thèses et recherches universitaires de par le monde le consacrent comme tel. 

Bourguiba enfin, n’aime pas les «Frères musulmans» et ces derniers le lui rendent bien en le qualifiant de « laïc-mécréant » parce qu’il a demandé aux musulmans tunisiens de ne pas observer le jeûne du Ramadan, pour pouvoir  travailler dur et développer la Tunisie !!

Le jour où les islamistes tunisiens arrêteront leurs attaques insidieuses contre Bourguiba, le vrai réformateur de l’Islam,  on pourra commencer à parler d’évolution sérieuse de ce courant encore très attaché au salafisme rétrograde.

Le «consensus miraculeux» tunisien, qui assure aujourd’hui, le « tawafouk » (entente) entre les islamistes  et les Bourguibiens modernistes et qui permet une certaine stabilité  politique et pacifique de la Tunisie, ne peut tenir que par une véritable réconciliation de l’islamisme tunisien, des cadres et des troupes  d’Ennahdha avec la modernisation bourguibienne. Ceci ne doit pas être conjoncturel mais s’inscrire dans la durée.

Cela doit se faire par conviction et révision de ligne idéologique sans détours, ni manipulations tactiques.

Tout le monde sait qu’Ennahdha joue profil bas, quand le monde la rejette, comme c’est le cas, en ce moment, pour l’Union internationale des savants musulmans, dont elle fait partie.

Mais, à peine l’orage passé, elle repart à l’offensive comme au bon vieux temps de la « jahiliya » (époque anté-islamique), du «Kar et du Far» (l’offensive… et le repli en retraite). 

Les Tunisiens ne veulent pas de cela. Ils aspirent à vivre dans un pays en paix où pratiquer l’Islam ne conduit pas au terrorisme. C’est cela notre véritable identité !

K.G.

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