Ahmed Néjib Chebbi revient à la charge - Le Temps Tunisie
Tunis Mercredi 25 Avril 2018

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2018

Naissance du "Mouvement démocratique" :

Ahmed Néjib Chebbi revient à la charge

Samedi 25 Novembre 2017
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Au cours d’une conférence de presse tenue, mercredi, dans la capitale, Ahmed Néjib Chebbi a annoncé la fondation officielle de son nouveau parti politique baptisé le "Mouvement démocratique". Ce mouvement œuvrera à rassembler la famille démocratique centriste et sera ouvert à toute personnalité intègre et modérée, selon son fondateur.

Celui qui fût donc la figure phare et historique d’Al Jomhouri (PDP auparavant) a finalement décidé de concrétiser son nouveau projet, délaissant, ainsi et à jamais, son parti originel grâce auquel il avait mené plusieurs étapes politiques avant et après le 14 janvier 2011.

Ahmed Néjib Chebbi explique que l’intention derrière la création du Mouvement démocratique est de répondre aux attentes des citoyens tunisiens qui deviennent de plus en plus perdus dans une scène politique floue et déséquilibrée. Après avoir passé trois années de retrait et d’observation, Chebbi revient aujourd’hui sur la scène politique avec la détermination d’y apporter une nouvelle touche de confiance, de noblesse et d’équilibre.

Il est vrai que sur un échiquier où la bipolarisation partisane prône, l’état général de la scène se trouve en régression continuelle.

Après un pacte (de Carthage) ayant regroupé le maximum de partis, nous voici aujourd’hui avec une nouvelle division sur les épaules: d’un côté un nouveau front parlementaire prônant modération et progrès et, de l’autre, une réincarnation pâle de ce que fût la Troïka pendant plus de deux ans. 

Dans ce paysage, l’opposition peine de plus en plus à se rassembler et ce malgré quelques timides tentatives à l’instar de celle de la fusion entre l’Alliance démocratique de Mohamed Hamdi et le Courant démocratique de Mohamed Abbou. Entre temps, les mouvements d’Ennahdha et de Nidaa Tounes vivent de mieux en mieux leur collaboration et concrétisent de nouveaux projets ensemble et, peut-être, que le candidat consensuel présenté aux élections législatives partielles en Allemagne représente le plus grand et le plus concret exemple de ce compagnonnage.

Les nouvelles initiatives politiques ne peuvent donc être que les bienvenues à condition qu’elles ambitionnent, aussi, à rassembler les différentes forces politiques afin que le scénario des élections de 2011 ne se répète pas. Si Ahmed Néjib Chebbi affirme que son mouvement sera ouvert à toute nouvelle initiative, il n’en demeure pas sûr que le Mouvement démocratique aille vers des fusions ou des rapprochements. 

Si cela avait été le cas, Chebbi n’aurait certainement pas ressenti le besoin de créer cette nouvelle entité politique et serait resté au sein d’Al Jomhouri ou, dans le cas échéant, il aurait continue son travail avec le think-tank en se contentant d’évaluer la scène et de présenter quelques propositions au pouvoir. 

Seulement voilà, Ahmed Néjib Chebbi a opté, à l’instar de Saïd Aïdi ou encore de Ridha Belhadj (anciens dirigeants au sein de Nidaa Tounes), à se relancer avec un nouveau parti politique qui vient s’ajouter aux plus deux cent autres qui existent déjà et s’accumulent depuis plus de sept ans.

Sept ans sont passés depuis le 14 janvier 2011, nous aurons gagné en liberté d’expression et en liberté politique, mais nous aurons également beaucoup perdu en qualité de vie, de gouvernance et de sécurité.

Salma BOURAOUI