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Travail en équipe dans les établissements scolaires

Les élèves tunisiens derniers de la classe à l’échelle mondiale

Samedi 25 Novembre 2017
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 Le travail en équipe n’est pas le point fort des élèves tunisiens, selon une étude de l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) dans le cadre de son «Programme d'évaluation des étudiants internationaux (The Program for International Student Assessment, (PISA)».

Les résultats de l’étude publiée le 21 novembre et qui a été menée auprès de 125 000 élèves âgés de 15 ans dans 52 pays à travers le monde placent la Tunisie à la dernière place. Les élèves tunisiens ont été soumis à des tests d’une trentaine de minutes dans le cadre desquels il leur était demandé «d’entreprendre les actions adéquates» pour résoudre le problème identifié et «de maintenir l’organisation du groupe, comme devraient le faire les élèves dans des situations de la vie réelle». Ils ont obtenu le score le plus médiocre en comparaison avec les élèves de l’ensemble des pays étudiés, soit 382 points. D’après les conclusions de  l’enquête, les élèves tunisiens ont beaucoup du mal à effectuer un travail en groupe.

L’OCDE a précisé que la collaboration entre les individus est essentielle pour vivre dans une société moderne, notant que cela s'apprend dès l'école. Les élèves qui savent travailler en équipe sont en effet ceux qui ont les plus grandes chances d'obtenir les meilleurs emplois, par la suite. L'étude révèle, dans ce cadre, que les métiers qui demandent beaucoup de collaboration et de travail en équipe figurent parmi les mieux payés, citant les professions de physicien, coach ou économiste.

«Dans un monde où les compétences sociales sont de plus en plus valorisées, les systèmes éducatifs doivent développer plus efficacement et plus systématiquement les compétences de  travail en équipe dans le cadre des programmes scolaires», souligne Angel Gurría, secrétaire général de l'OCDE, dans le communiqué sur le site officiel de l'organisation. Et d’ajouter : «Mais il faut aussi que les parents et, plus largement, la société jouent leur rôle à cet égard. Il faut qu’une véritable collaboration s’instaure à l’échelle d’une communauté pour que puissent se développer des compétences meilleures pour une vie meilleure».

Les experts de l’OCDE ont aussi fait savoir que les élèves qui  récoltent les meilleures notes en travail collectif ont deux signes distinctifs: ils font beaucoup de sport collectif et leurs parents connaissent bien leurs camarades de classe. Les élèves qui ont des compétences plus solides en compréhension de l’écrit ou en mathématiques ont souvent de meilleurs résultats en résolution de problèmes collaborative, qui nécessite une aptitude à gérer et à interpréter des informations et fait appel à la capacité de raisonnement. Cela se vérifie aussi pour les pays: les pays les mieux classés au PISA, comme la Corée, le Japon ou Singapour en Asie, l’Estonie et la Finlande en Europe, et le Canada en Amérique du Nord, obtiennent aussi les meilleurs résultats au test portant sur la résolution collaborative de problèmes.

D’autre part, les élèves sont plus performants quand ils déclarent que leurs professeurs ne les punissent pas, ou n'ont pas de difficulté à faire régner le calme dans la classe.

A l’échelle mondiale, Singapour arrive en tête du classement avec un score de 561 points, devant le Japon, la Finlande et la Corée du Sud.

Les filles surpassent les garçons dans tous les pays et économies ayant participé au test, fortes d’une avance équivalant à la moitié d’une année de scolarité en moyenne (29 points).

Le test n’a montré aucune différence significative dans les résultats des élèves selon qu’ils viennent d’un milieu favorisé ou non, ou qu’ils sont issus de l’immigration ou non. Pour autant, les élèves qui sont exposés à la diversité en classe développent généralement de meilleures compétences collaboratives. Par exemple, dans certains pays, les élèves autochtones enregistrent de meilleurs résultats au regard des aspects du test portant spécifiquement sur la collaboration lorsqu’ils fréquentent des établissements qui comptent une plus forte proportion d’élèves issus de l’immigration. 

Walid KHEFIFI

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