L’enseignement public à la dérive - Le Temps Tunisie
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Manque de moyens et d’équipements

L’enseignement public à la dérive

Vendredi 24 Novembre 2017
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L’enseignement public n’a plus l’aura d’antan, lorsque le leader Habib Bourguiba a fait sortir la Tunisie de l’obscurantisme et instauré l’enseignement obligatoire pour tous, ce qui avait permis aux habitants des fins fonds des contrées du pays d’aller à l’école.

Depuis, le ministère de l’Education avait eu la part du lion des budgets successifs de l’Etat et nombreuses étaient les écoles qui avaient été installées dans les différentes régions, dans les villes, les villages et les campagnes.

Cela a permis à la Tunisie d’avoir des médecins parmi les meilleurs du monde, une catégorie d’intellectuels aussi bons en arabe qu’en français ou en anglais, et même en allemand, la preuve en est que même le tourisme a trouvé dans la classe de ceux qui n’avaient pas terminé leurs études, des personnes pouvant discuter avec les visiteurs étrangers de, pratiquement, toutes les nationalités

Malheureusement, ces efforts consentis durant toute l’ère bourguibienne n’avaient pas eu de suite et l’enseignement, en Tunisie, avait commencé sa descente en enfer et, n’en déplaise à certains, les diplômes tunisiens qui étaient très prisés, ne sont plus reconnus dans plusieurs pays européens.

En raison de malheureuses circonstances, le pays a privilégié la quantité aux dépens de la qualité et on a commencé à avoir des diplômés à la pelleet dont la compétence est très limitée qui sont, actuellement, réduits au chômage par milliers.

La Tunisie pouvait se prévaloir d’avoir produit des têtes bien faites et non bien pleines et ce qui est, encore, prouvé, aujourd’hui, dans certains domaines, comme la médecine avec des milliers de praticiens tunisiens qui exercent à l’étranger.

Les syndicats avaient eu la tête de Néji Jalloul, ancien ministre de l’Education qui avait voulu mettre en place la réforme de l’enseignement,  dans un secteur en chute libre, avec des enseignants qui arrivent en classe avec des jeans, des vêtements débraillés, des connaissances très limitées et des programmes aussi médiocres que ceux qui avaient la charge de les préparer.

Aujourd’hui, cette réforme de l’enseignement est reléguée aux calendes grecques, les enseignants font ce que bon leur semble, profitant de la manne des cours particuliers qui leurs permettent de se remplir les poches, aux dépens de l’enseignements et des pauvres parents accusés d’être à l’origine du mal, alors qu’ils sont dans l’obligation de subir le joug de ces cours, afin que leurs enfants apprennent, au moins, le nécessaire, et qu’ils puissent accéder aux classes supérieures.

L’Etat du secteur de l’éducation est illustré, à titre d’exemple, dans ce qui se passe, dans le gouvernorat de Nabeul, d’ailleurs comme partout ailleurs et une réunion consacrée au suivi de la rentrée scolaire et de l’avancement des travaux d’aménagement, de restauration et d’extension dans nombre des établissements scolaires à Nabeul, a montré que les établissements scolaires de la région font face à de nombreuses difficultés, notamment le manque d’équipements et le besoin de travaux d’aménagement, de réhabilitation et d’entretien au niveau de 70% des établissements.

D’autres problèmes sont liés notamment à la surcharge des classes (parfois plus de 40 élèves dans une classe), l’insuffisance d’instituteurs et de suppléants notamment dans les établissements situés dans les zones rurales ainsi que l’absence d’infrastructure scolaire de qualité dans certaines localités.

En 2017, les travaux d’aménagement, de restauration et d’extension ont touché une quarantaine d’établissements scolaires au gouvernorat de Nabeul qui compte 247 écoles (83524 élèves inscrits), 46 collèges (34548 élèves) et 24 lycées (27325 élèves).

La situation est tellement désastreuse que des travaux d’entretien doivent être menés d’urgence dans près de 549 établissements scolaires moyennant une enveloppe de 292 millions de dinars, selon Hatem Ben Salem, ministre de l’éducation.

Pour résumer la situation, c’est vraiment la désolation, alors que les pouvoirs publics se laissent mener par le bout du nez par des responsables qui gèrent le vide et des responsables syndicaux qui ne sont pas très regardants au niveau de la qualité de l’enseignement dispensé.

Des établissements délabrés, pour la plupart, avec un manque d’enseignants et, même de suppléants, c’est l’image de l’enseignement, en Tunisie, un pays qui veut attirer les étudiants étrangers, surtout africains, et qui avait la renommée d’être le pays des connaissances et du savoir.

Faouzi SNOUSSI