Mais la thérapie n’est pas évidente ! - Le Temps Tunisie
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Mémoire du temps présent.. Gouvernement: Les diagnostics sont justes…

Mais la thérapie n’est pas évidente !

Vendredi 24 Novembre 2017
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Par Khaled Guezmir

M.Youssef Chahed, chef du gouvernement aura tout dit à l’ARP dans sa  «leçon» inaugurale sur le budget de 2018 et sa loi des finances que tout le monde redoute pour ses aspects  contraignants et «douloureux», car, s’agissant  des diagnostics personne ne les conteste,  mais quant à la thérapie, c’est bien  là que le bât blesse!

En effet, tous les constats du Premier ministre sur notre réalité postrévolutionnaire sont plus que prouvés et toutes les parties en présence, qu’elles appartiennent à la majorité parlementaire ou à la minorité opposante, ne font que les aligner, un à un, sur fond de polémiques interminables, qui ne servent que le positionnement des forces en présence, pour sauvegarder leurs intérêts propres et consolider leur «part d’Etat» ! Finalement, la démocratie (et surtout celle tunisienne naissante), ne peut fleurir que dans un Etat faible avec une dispersion des voix, où la recherche du pouvoir devient l’essentiel et le développement… le subsidiaire !

L’appel de Y.C. à «l’unité nationale», consolidé par le soutien du président de l’ARP, M. Mohamed Ennaceur, est certainement, l’exigence essentielle du pays, qui aspire à plus de stabilité  pour accélérer  les indicateurs de la reprise qui commence à pointer en ce deuxième semestre de 2017. Encore faut-il que les acteurs politiques et sociaux le voient du même œil. Or, certains groupes nostalgiques des bras de fer et du déploiement de la force mobilisatrice  de leurs troupes, maintiennent la pression constante sur le gouvernement et la «menace» de faire valoir «leurs droits», tout en sachant que l’économie  du pays risque l’asphyxie complète du fait même de comportements irresponsables parce qu’irréalistes.

Cela nous mène à la thérapie à prescrire contre le chômage, la rétention de l’investissement, le déficit en développement régional, l’inflation, le naufrage du Dinar et l’endettement de plus en plus pénalisant, etc.

Combien de pilules amères, le gouvernement doit-il prévoir et mettre en œuvre pour combler les tares de l’accumulation des exigences et redonner une santé au corps de la Nation traumatisée par une régression économique véritable depuis 7 ans !

Tout le monde parle de la nécessaire distribution, en toute justice, de l’effort de tous les acteurs économiques et sociaux, pour colmater les brèches et collecter l’argent nécessaire, pour le fonctionnement des rouages de l’Etat et de la société.

Or, chacun campe sur ses positions jugées «intouchables». Comment actionner la pression fiscale (et avec quelle intensité) tout en permettant la survie, des entreprises et des producteurs et aller même plus loin vers le développement, en favorisant l’investissement ?!

Quel «entrepreneur» économique et financier ferait la course en tête pour investir ses capitaux en Tunisie, alors qu’il est promis à toute cette batterie de mesures coercitives annoncées et non encore identifiées et qui peuvent refroidir la volonté des plus enthousiastes des investisseurs.

Ceci montre les défis auxquels fait face le gouvernement pour réussir le bon équilibre entre les « contraintes » budgétaires de fonctionnement, et les facilités qu’il doit accorder rapidement au monde de la production pour consolider la reprise  économique.

La Tunisie bénéficie  d’atouts importants. Elle jouit d’une sympathie énorme de l’Europe, des USA, du Japon, de la Chine et de la Russie, tous prêts à aider notre pays à réussir  ce miracle d’une « démocratie en terre d’Islam ». Mais, seuls les Tunisiens sont capables de faire en sorte que le rêve devienne réalité intangible et irréversible. Et là, l’économie avec un grand -E- est essentielle ! Le Zimbabwe avait d’énormes potentialités mais sa «démocratie populaire» en a fait un Etat miséreux du fait même de l’idéologie populiste diffusée par la contrainte, ça fait 37 ans, par M. Mugabe.

Les marxistes et autres socialistes radicaux n’ont rien retenu de la leçon chinoise, de Deng Xiaoping, qui, en l’espace de 30 ans, a fait de la Chine (pauvre du temps de Mao), la première puissance économique ex-æquo du monde avec l’Amérique. Seuls le pragmatisme et l’adaptation aux réalités  nationales et du monde, peuvent sauver les pays comme le nôtre, de l’égocentrisme et du faux orgueil de la classe politique et des groupes sociaux, qui s’acharnent et s’entêtent à vouloir l’impossible au nom de modèles de sociétés qui remontent aux années 60 du siècle dernier !

Revenons sur terre et aidons le gouvernement à dégripper les machines sclérosées de ce pays  par la revendication permanente et irréaliste depuis 7 ans, et tout ira mieux et plus vite vers la convalescence !

Attention, tout ce qui est excessif est non seulement insignifiant, mais lourdement dommageable !

K.G.