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Une question de crédibilité ou de compétence ?

Jeudi 23 Novembre 2017
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Encore une fois, l’arbitrage tunisien sera privé de participer à la Coupe du monde. En effet, la FIFA a choisi cinq arbitres arabes, tout en  établissant une liste de six referees présélectionnés africains, en vue d’officier au Mondial 2018 en Russie. 

Seulement, parmi ces onze arbitres,  aucun tunisien n’a été retenu.

La question  qui se pose,  pourquoi l’instance du football mondial a tourné le dos à l’arbitrage tunisien. Est-ce pour déficit de crédibilité ou pour manque de compétence ?

A notre avis, la deuxième thèse  paraît plus plausible, dans la mesure où nos arbitres  sont au dessus de tout soupçon. Du moins, jusque-là, il n’y a aucune affaire mettant leur intégrité, en cause.

Or,  en ce qui concerne leur compétence , il y a beaucoup  à dire et redire . Il suffit  de s’apercevoir de tout ce qui se passe, chaque dimanche, dans nos stades, pour être convaincu des critères sur lesquels la FIFA a fait le tri.

 Quand nos arbitres, par faiblesse et manque d’autorité, tout en faisant  des calculs au moment de brandir les cartons, finissent en fin de compte,  par être débordés et même parfois bousculés par les joueurs. 

Quand ils se soucient peu de la présence des intrus, dans la main  courante, sans avoir le courage de retarder le coup d’envoi des rencontres  ou même de refuser carrément de siffler avant l’évacuation de ces intrus, ajoutés à cela   des propos, vexatoires et insultants  à leur adresse  et notamment  à leurs assistants, dans la passivité la plus totale,  il est normal qu’ils soient finalement écartés de la liste.

Quand on s’aperçoit de la discordance entre les rapports de l’homme en noir, du 4ème arbitre et du superviseur d’un même match,  il y a mille  raisons d’émettre  des interrogations.

Tout cela  nous amène à avouer nos tares et reconnaître notre responsabilité dans le bafouement de l’image de l’arbitrage tunisien. 

En fait,  la responsabilité est la collective.

Il est vrai  que la FTF n’a pas encore procédé  aux mesures  exigées pour assurer  la couverture et l’assurance  requises aux arbitres et nous entendons par là,  d’infliger des sanctions douloureuses surtout aux joueurs fautifs des grands clubs qui se croient  à l’abri de toute menace punitive.  

C’est  pourquoi ils sont toujours les premiers  à contester les décisions de l’arbitre, même sur un coup-franc anodin ou une remise de touche banale. C’est dans ces moments là que  l’arbitre doit user  de ses prérogatives, en démontrant l’étendue de sa personnalité.

Malheureusement, en tombant dans les calculs, l’homme en noir trouva des subterfuges dans le racolage avec des décisions  compensatoires. Tout cela aurait  pu et dû être évité, si nos joueurs s’étaient imprégnés des valeurs du respect de l’arbitre et du fair-play. 

Ces valeurs, on les enseignes chez les jeunes catégories,  à partir de celles des écoles et des minimes, pour devenir,  au fur et à mesure , une culture. 

Donc, il ne faut  s’étonner du code de conduite des joueurs  européens  et de leur total respect envers  les arbitres, même s’il arrive à ces derniers  de commettre parfois des erreurs fatales. 

On m’a souvent  raconté  que la discipline  était le credo des responsables d’autrefois  , qui sont aujourd’hui, dans un monde meilleur. 

 A ce propos, feu Chedly Zouiten, alors président de l’Espérance était  descendu de la tribune pour appeler l’arbitre à faire sortir un joueur de son propre équipe,  ayant fait un geste antisportif… Et l’Espérance de continuer à jouer en infériorité  numérique.

 Seulement,  il faut trouver  des responsables de la trempe du regretté Chedly Zouiten.

D’ailleurs, les ex-présidents  des clubs  avaient la même vertu. Autre temps, autres mœurs dites-vous ?

Détrompez-vous, messieurs, car il y a de valeurs humaines  immuables basées essentiellement  sur la bonne éducation et le respect  entre nous autres.

C’est  le fondement de toute culture. On peut être diplômé  mais nullement  cultivé.

Bon, arrêtons-nous là, pour nous limiter à notre sujet inhérent à l’arbitrage tunisien qui va être parmi les abonnés absents dans quelques mois en Russie.

Paradoxalement, notre sélection est bel et bien qualifiée pour le Mondial ! 

Raouf CHAOUACHI

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