Erosion rampante des pouvoirs de l’Etat - Le Temps Tunisie
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Sept ans après la Révolution

Erosion rampante des pouvoirs de l’Etat

Jeudi 23 Novembre 2017
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Les politiques publiques appliquées en Tunisie depuis la révolution de 2011 dans les domaines économiques et sociaux ont réduit considérablement les attributions de l’Etat devenu, ainsi, dans l’incapacité d’assurer le rôle que lui a conféré la nouvelle constitution tunisienne de 2014 en matière de satisfaction des droits constitutionnels des citoyens au travail décent, à l’éducation, à la santé, à un environnement sain et autres droits similaires à caractère économique et social.

Tel est le constat dressé par une élite de spécialistes et d’universitaires réunis mardi 21 novembre, à Tunis, à l’initiative du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), en vue d’évaluer le bilan de l’action publique, sept ans après la révolution. Il contraste avec le ton trop optimiste du gouvernement à l’occasion de la présentation, pratiquement au même moment, de sa déclaration sur les projets de budget et de loi de finances pour 2018 à l’Assemblée des représentants du peuple.

Le spécialiste Abdeljélil Bédoui a déploré la poursuite de l’application du même modèle de développement caractérisé par «la généralisation de la logique marchande à tous les aspects de la vie», de sorte que tout est devenu payant et aux prix forts, ce qui est contraire aux acquis constitutionnels postrévolutionnaires faisant obligation à l’Etat de veiller à la satisfaction des droits  économiques et sociaux des citoyens. 

Cependant, a-t-il ajouté, les politiques publiques des dernières années, à travers les nombreuses lois votées dans ce sens, ont tendu à instaurer le libéralisme sauvage fondé sur le désengagement de l’Etat et la dérèglementation générale, érodant davantage le peu de pouvoirs qui restait à l’Etat, et ce à l’instigation des Instances financières internationales et à leur tête le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, qui profitaient de leur qualité de gros bailleurs de fonds de la Tunisie.

Dans leurs analyses, les spécialistes ont relevé l’existence d’un grand écart entre la théorie illustrée par les dispositions de la nouvelle constitution tunisienne de 2014 et la pratique reflétée par les politiques publiques suivies après la révolution, notamment en ce qui concerne le rôle dévolu à l’Etat. A leur avis, il s’agit là de la problématique fondamentale à laquelle il importe de trouver les solutions adéquates, de manière à être en accord avec les slogans brandis lors de l’insurrection populaire de 2011 et qui sont essentiellement des slogans à caractère économique et social.

Salah  Ben Hamadi