Cela atteint parfois l’auto-flagellation: Pourquoi le Tunisien est-il féru des rumeurs ? - Le Temps Tunisie
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Cela atteint parfois l’auto-flagellation: Pourquoi le Tunisien est-il féru des rumeurs ?

Dimanche 19 Novembre 2017
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Une rumeur disparait, une autre prend la relève, avec des commentaires sur les pages internet, les uns pour glorifier et les autres pour critiquer, sans, pour autant, chercher le degré de véracité de ce qui est colporté.

Toutefois, ces rumeurs trouvent leur base de départ dans les événements qui se déroulent, dans le pays, et qui font que ce point de départ leur accorde un certain degré de crédibilité, auprès des simples citoyens.

Autant l’internet est un outil utile et que le Tunisien commence à maîtriser de la plus belle manière, et c’est en notre honneur, autant cet instrument peut être maléfique et malfaisant, surtout au vu de ce qu’il peut causer comme dégâts, à tous les niveaux, que ce soit politiques, économiques ou sociaux.

La dernière rumeur qui circule concerne l’imminent départ du chef du gouvernement Youssef Chahed qu’on accuse d’avoir perdu la confiance du président de la République Béji Caïd Essebsi et de son parti Nidaa Tounès.

Cette rumeur trouve son explication dans l’étude menée par le Centre de recherche et d’études de Nidaa, le très sournois, Khaled Chouket qui semble ne pas avoir pardonné à Youssef Chahed de ne pas l’avoir incorporé dans son équipe gouvernementale.

L’étude qu’il a placée comme étant le point de vue du Nidaa, fait une analyse négative de la première année du gouvernement Chahed et, même les affirmations des autres membres n’a pas pu convaincre que ce gouvernement est soutenu par le parti et par le président de la République.

Les déclarations du dirigeant du parti Khaled Chawket n'engagent que lui, a insisté le porte-parole du parti de Nidaa Tounès, MongiHarbaoui, avant d'ajouter que "les positions du parti sont communiqués dans des déclarations signées par son directeur exécutif". 

Les commentaires sont allés bon train sur les plateaux des télévisions et des radios et à les entendre, ce gouvernement est déjà mort et enterré, alors qu’il n’y a rien vrai et les multiples déclarations des responsables de Nidaa Tounès ne sont pas pris en compte, ni évoquées, parfois.

C’est dire que le Tunisien est très féru de rumeurs et qu’il ne cherche que ce qui est négatif, même si cela est à ses dépends, et son amour pour la rumeur atteint, même, l’auto-flagellation.

Ces rumeurs souvent malsaines font encourir au pays de grands risques, que ce soit au niveau politique ou ceux de l’administration, de l’économie et du social.

Sur le plan politique, la rumeur peut être la cause de nouvelles dissensions et, même, le gouvernement en sera ébranlé, avec des risques de nuisance pour son action. Comment veut-on qu’un gouvernement travaille, alors que les pseudo-informations qui circulent font croire que ses jours sont comptés ?

En Parallèle, et au niveau administratif, ces rumeurs risquent de conduire à une grande nonchalance dans l’administration qui croit que les actuels responsables de leur activités sont sur une chaise basculante et qu’ils peuvent avoir de prochains vont avoir de nouvelles exigences et de nouvelles affinités.

C’est le cas, aussi, pour l’économique et le social, à tous les niveaux, avec l’attente d’un possible remaniement, afin que les hommes d’affaires pensent à investir ou non, et d’évaluer le degré de confiance qu’ils peuvent avoir en les hypothétiques nouveaux dirigeants.

La rumeur est pernicieuse et ne touche pas, uniquement, le niveau politique, actuellement, en Tunisie. Elles proviennent, toujours, de personnes malintentionnées, de pêcheurs en eaux troubles et d’empêcheurs de tourner en rond, entravant toute volonté d’agir.

Aujourd’hui, ce sont les corrompus et les auteurs de malversations, ainsi que les spéculateurs et les malfaisants de tous genres qui mènent une guerre sans merci contre Youssef Chahed, en cherchant la plateforme idoine pour l’évincer.

Pourtant, le départ de Youssef Chahed risque de donner l’estocade et le coup de grâce à ce qui tourne et marche bien dans le pays.

Des rumeurs pernicieuses circulent de toutes parts et dans tous les domaines et le citoyen tunisien semble jouir de l’auto-flagellation, comme s’il veut se faire lui-même du mal.

Pourtant le citoyen aurait mieux fait de penser à préparer un avenir meilleur et laisser les autres l’aider à le faire, tout en combattant ceux qui cherchent à entraver le développement de la Tunisie.

Faouzi SNOUSSI