Mémoire du temps présent: Avec moins de 2% de croissance…la Tunisie peut mieux faire … Mais, les rentiers de la politique et du social… bloquent encore ! - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 14 Octobre 2018

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Mémoire du temps présent

Mémoire du temps présent: Avec moins de 2% de croissance…la Tunisie peut mieux faire … Mais, les rentiers de la politique et du social… bloquent encore !

Dimanche 19 Novembre 2017
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Par Khaled Guezmir

Aux dernières nouvelles  et statistiques  de l’INS, la croissance tunisienne  peine à atteindre les 2% (puisque  créditée de 1,9%), fin septembre, et  l’objectif  du 2,5%  ne sera pas atteint d’ici la fin de l’année 2017,  malgré de bonnes reprises au niveau industriel et du tourisme, lequel marque un point stratégique en confirmant déjà plus de 6 millions  de visiteurs dans notre pays.

Pour le reste, c’est bien timide avec les valses  du bassin minier, où on n’arrête pas de contester les  recrutements toujours en hausse à Redeyef et plus  fictifs que jamais, à travers  ces sociétés à «vocation écologique», manière de servir  des salaires  non seulement pour ne rien faire, mais, et c’est le pire, d’empêcher aussi les autres de travailler !

Idem pour le pétrole, où la production n’atteint pas les 50% de 2010.

Décidément, il va falloir trouver un pesticide très puissant, pour nous débarrasser de ce syndrome de l’année 2010 !

De toute part c’est   la gestion de la pénurie et de la pauvreté. On fait campagne sur campagne pour  débusquer les «fraudeurs» qui emmagasinent des produits alimentaires dont les prix flambent, alors qu’ils sont frigorifiés dans des dépôts de fortune et de cache-misère. Mais, le problème ne se résoud pas de cette manière dans une économie de marché où l’offre et la demande sont les maîtresses des prix. Ce qu’il faut c’est planifier et agir pour l’augmentation de la production surtout agricole, tout en préservant les droits et intérêts des agriculteurs   comme  c’est le cas en Europe et en Asie.

L’équation c’est de booster la production, mais en faisant attention pour ne pas inonder les marchés de façon à décapiter les producteurs qui seront obligés de balancer leur surproduction  sur la chaussée en signe de protestation.

L’excédent doit faire l’objet de traitement pour l’exportation et là l’agroalimentaire qui a fait des progrès énormes en Tunisie, doit être encouragé  pour être encore plus  performant ;

La lecture des projets de budgets de certains ministères est loin d’être réjouissante. C’est la masse salariale et le Titre I qui tiennent le haut du pavé. Le Titre II souffre les martyres et le développement de l’infrastructure se ramène à une véritable peau de chagrin. Tout cela sous la pression de groupes d’influence, véritables Etats dans l’Etat et plus puissants, même, alors qu’ils sont censés être la puissance publique». On continue, allègrement et dans l’impunité à incendier les commissariats de police et de la garde nationale, pour un oui et pour un non, et à occuper les rues par des sit-ins qui bloquent la circulation et la liberté du travail sur les lieux de production. Sept ans après le déclenchement  de la Révolution, ce sont toujours les hors-la-loi qui font la loi, et les gouvernements successifs n’arrivent pas à siffler la fin de la  recréation !

Pourtant, il est grand temps de comprendre qu’on ne peut pas avoir de croissance ni de prospérité sans travail et sans production. Si le Dinar souffre, c’est parce qu’on continue à  importer ce que nous n’arrivons pas à produire alors que nous sommes capables de le faire.

Pour résumer   un peu cette situation burlesque,  d’aujourd’hui, un humoriste de mes amis, me disait, dernièrement : «En Tunisie, nous faisons le même parcours que l’Europe… Il vaut mieux être pauvre et chômeur pour avoir des droits, que d’être aisé et riche et n’avoir que des devoirs et charges à payer pour l’Etat …» !

Finalement, la Tunisie ne va pas si mal que ça… Notre système «D» fonctionne  parfaitement et notre économie montre jour après jour des signes de reprise certaine. Mais, la vitesse de croisière demeure assez lente. Les rentiers de la politique et du social doivent savoir attendre que les vaches maigres engraissent à nouveau pour pouvoir traire le lait bénéfique.

Mais s’acharner à revendiquer la lune alors que le ciel est sombre et les orages en perpétuelle activité, ne fera qu’enfoncer le pays vers plus d’indigence et plus de  pauvreté !

Tiens… M. Taboubi semble l’avoir compris.  Il vient de donner son feu vert pour le nouvel âge  de la retraite à 62 ans. Un petit  soulagement pour les caisses sociales.

Pourvu que les bases suivent et ne mettent pas les bâtons dans les roues !

K.G

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