Mouled : fêtera, fêtera pas ? - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 21 Janvier 2018

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Mouled : fêtera, fêtera pas ?

Dimanche 19 Novembre 2017
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Mouled: fêtera, fêtera pas ?

Annoncé pour le 1er décembre, le Mouled approche à grands pas. Comme chaque année, depuis quelques temps, les Tunisiens sont divisés entre ceux qui célèbreront cette fête et d’autres pas. Certains justifient leur décision de ne pas fêter le Mouled par le prix exorbitant du «zgougou», (graines de pin d'Alep) et des fruits secs, d’autres pour des considérations religieuses. Sacrée Assida !

«Cette année, j’ai décidé de boycotter le Mouled même si cette fête est chère à mon cœur. Mais trop c’est trop ! Acheter le kilo de zgougou à 26 DT est un non sens surtout que je suis habituée depuis des années à l’acheter moulu et que le kilo va me coûter 30 DT. Ceci sans oublier les fruits secs qui sont devenus un grand luxe pour le citoyen moyen à cause de leur prix qui ne cesse d’augmenter d’année en année. Si tout le monde boycottait cette fête, les prix diminueraient sans doute !», affirme Monia, mère de famille, rencontrée au marché de l’Ariana en train de faire ses courses. 

Amor, père d’une famille nombreuse, déclare quant à lui : «Nous sommes six à la maison. On peine au quotidien à acheter des légumes et des fruits alors que dire des fruits secs ? Le kilo de noix est à 53 DT, celui de noisettes est à 36 DT et celui des amandes à 26 DT. La solution serait de suivre les conseils d’un animateur radio qui a proposé de préparer une Assida de cacahuète ou de glibette de Béja. Non plus sérieusement, comme chaque année depuis quelques temps, nous allons nous contenter de la « Assida bidha » chère à notre prophète».

Comme eux, de nombreux Tunisiens s’abstiendront cette année de préparer la fameuse «Assidet zgougou» à cause des prix qui flambent, tandis que d’autres boycottent cette fête depuis belle lurette car elle serait « bidâa », un terme religieux qui signifie une innovation reliée à l’Islam, sans pour autant se référer à la parole d’Allah ou du prophète, les deux sources de référence en religion musulmane. 

Nombreux sont ceux qui considèrent que tout élément nouveau et n’ayant pas existé du temps du prophète est formellement interdit. Or, le Mouled est la commémoration de la naissance du prophète Mohamed et pour certains pratiquants, défenseurs d’un Islam rigide et catégorique, cette fête serait tout simplement «Haram». 

Kairouan fait son show 

S’il est une ville en Tunisie qui arbore ses plus beaux atours durant la période des festivités du Mouled et qui brille de mille feux, c’est bien Kairouan. D’ailleurs, bien souvent, le Chef de l’Etat, le Chef du Gouvernement et nombreux officiels s’y rendent, le jour du Mouled, pour assister à une cérémonie religieuse donnée à la mythique Grande Mosquée, également appelée Mosquée Okba Ibn Nefâa, fondée au 7ème siècle et considérée comme l’un des plus anciens et importants lieux de culte de la religion musulmane. 

Mais cette année, fait nouveau, Kairouan s’est invitée, hier matin, à l’avenue Habib Bourguiba pour un show culturel et gastronomique dans le cadre des préparatifs de la fête du Mouled. 

Ainsi, l’Association kairouanaise «du Mawled Echarif et des festivités religieuses» a organisé une exposition éphémère pour présenter les richesses inestimables de la ville. Une tente a été montée à l’occasion et des stands ont ainsi été installés avec des produits locaux tels que l’incontournable « Makroudh » mais aussi différentes variétés de pain ou encore des pièces en cuivre, des pièces de tissage et du linge de maison brodé sans oublier le fameux « Haiek » et les tapis kairouanais qui jouissent d’une excellente réputation en Tunisie et à l’étranger. Par ailleurs, un grand écran a été installé pour diffuser des prises de la ville et son riche patrimoine. Côté animations, un show folklorique équestre dansant a été organisé ainsi qu’une projection interactive passant en revue les différents monuments kariouanais. 

Rym BENAROUS

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